Rebelle de l'environnement

L'écologie politique sous l'éclairage de la dé-croissance

jeudi 5 avril 2012

Mélenchon s'approche-t-il de l'écologie politique ?

L'interview qui suit est un événement.  Il s'y trouve du neuf. Enfin. Tout ne va pas aussi loin que nous l'espérerions, mais c'est la bonne voie dans laquelle Mélenchon commence à s'engager. Puisse-t-il y rester une fois passée l'euphorie de la campagne présidentielle.


Jean-Luc Mélenchon : "Je m’interdis le mot croissance"







Dans une interview exclusive à Reporterre, Jean-Luc Mélenchon s’explique sur l’écologie comme il ne l’a jamais fait. Pour lui, "l’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche".

 - 3 avril 2012


Jean-Luc Mélenchon a accordé une interview exclusive à Reporterre, centrée sur les questions écologiques.
Dans les trois séquences qui suivent, il s’explique d’abord sur son cheminement intellectuel vers l’écologie, puis sur la planification écologique et la règle verte, et enfin sur le nucléaire, l’énergie, et l’étalement urbain.
Il reconnait sa dette théorique à l’égard des Verts. Pour lui, "l’écologie politique a été un choc intellectuel".
Il rappelle sa position sur la sortie de l’énergie nucléaire, mais souligne le "défi extraordinaire" que représente la sortie des énergies carbonées.
Et il prend ses distances d’avec la croissance comme aucun responsable politique ne l’a jamais fait.

PREMIÈRE PARTIE
« L’écologie politique a été pour moi un choc intellectuel »
Le candidat du Front de Gauche indique qu’il n’a pendant longtemps pas prêté beaucoup d’attention à l’environnement, pour lequel il n’avait qu’une « sensibilité purement superficielle  » (0’34"). Il a évolué, notamment en constatant « les angles morts » du marxisme, d’autre part sous l’influence des Verts, envers qui il « reconnait tout à fait notre dette » (2’15"), parce qu’ils « ont mis le sujet sur la table ». D’Alain Lipietz, il a retenu « l’idée que l’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche ».
L’écologie politique « a été pour moi le même choc intellectuel que lorsqu’à vingt ans, j’ai lu ‘L’idéologie allemande’, le livre de Marx m’a fait l’effet d’une espèce de révélation intellectuelle » (2’42"). Pour lui, dans la foulée de Marx, la nature est comme «  le corps inorganique de l’homme » (3’58") et l’homme est « un épisode de la nature elle-même » (4’35"), il est « partie prenante de la nature, il en est un moment, liée par la même loi du hasard et de la nécessité que tout autre réalité vivante » (5’05").
Cela a conduit à abandonner « l’aveuglement » (5’57") de l’ancienne gauche « productiviste ». « Et puis surtout, le problème était l’adoption du standard de vie des riches. Ce que les riches voulaient était donc bon, et donc il en fallait pour tout le monde. Et c’est à ça qu’il faut renoncer. Parce que la richesse est synonyme d’irresponsabilité, dans les modes de consommation. Dans la mesure où elle n’a pas à se poser pas les problèmes de la masse, le problème de la responsabilité qu’elle prend, parce que comme elle pense qu’ils sont peu nombreux, tout va bien pour eux. Je me souviens de la période où on disait, ‘Une Mercedes pour tout le monde’. On voulait dire, ‘Ce que les riches ont, alors tous les autres doivent l’avoir’. On avait un regard a-critique sur la consommation » (6’37").
« L’écologie permet de refonder l’ensemble des paradigmes de la pensée de gauche »
Selon Jean-Luc Mélenchon, « l’écologie a permis de régler des problèmes théoriques. » En effet, toute l’idée progressiste repose sur l’égalité. Mais c’est une vue de l’esprit, tous les hommes ne sont pas vraiment égaux dans l’état de nature (10’30"). Et donc, tous les régimes égalitaires sont par nature totalitaires, parce qu’ils contraignent l’état de nature. « L’écologie politique clot cette discussion. Pourquoi ? Parce qu’elle dit qu’il n’y a qu’un écosystème compatible avec la vie humaine. Donc tous les êtres humains sont semblables en ceci que si cet écosystème disparaît, ils disparaissent tous en même temps. Donc ils sont bien semblables, et égaux, devant la contrainte de cet écosystème. De là, tout le reste vient, qui se trouve fondé objectivement. Si nous n’avons qu’un seul écosystème qui rend la vie humaine possible et que nous sommes tous semblables, il y a donc un intérêt général humain. L’intérêt général, dont on avait entendu dire pendant des années – et j’ai fait partie de ceux qui disaient ça – ‘l’intérêt général est une construction idéologique, intérêt général égale intérêt du capital’. Ben non, pas du tout, il y a un intérêt général humain. S’il y a un intérêt général, comment le connaître ? En en discutant » (10’40").
La discussion permet deux idées fondamentales. Il n’y a pas de vérité révélée : « Un, nous ne sommes jamais dans la certitude » (11’50"). Et deux, « nous sommes plus intelligents à plusieurs qu’à un seul, donc, comment allons-nous trancher ? C’est la démocratie. D’après quelle règle ? Ce qui est bon pour tous. Et qu’est-ce qui est bon pour tous ? Ce qui nous rend davantage égaux et davantage en osmose avec notre écosystème. Et donc au terme, on voit qu’on arrive à avoir refondé l’ensemble des paradigmes organisateurs de la pensée de gauche, le socialisme, l’humanisme, les Lumières, la République, et la démocratie, et nous n’avons rien abandonné en route » (11’54").
« Ensuite je suis passé à un deuxième niveau : y a-t-il une classe écologique ? » (12’50") « Certains sont par rapport à l’environnement dans une situation particulière. Les travailleurs sont en première ligne. C’est eux qui manipulent les produits pourris. La classe de contact avec la catastrophe écologique, c’est la classe ouvrière. » La classe d’intérêt général est la classe ouvrière.
Ainsi, augmenter le SMIC est une mesure écologique, parce que cela permet de mieux soutenir et donc de soutenir une agriculture paysanne.

DEUXIÈME PARTIE
« Je m’interdis le mot croissance »
La planification écologique est l’outil maître de la politique environnementale du Front de gauche. Pourquoi ? Parce que « la production aujourd’hui est entièrement commandé par le court terme » (15’57"). Les entreprises doivent rendre des comptes tous les trois mois. «  On a besoin de temps long pour faire diverger la machine. La planification, c’est ralentir le temps. » (16’35").
« Deuxième point : nous ne sommes plus dans la politique de l’offre » (16’48"). Autrement dit, pas question de soutenir aveuglément la production de n’importe quoi. Il s’agit de mener une politique de la demande. Mais en analysant comment elle devient écologiquement responsable et en s’interrogeant sur les besoins, selon « un impératif commun à toutes les réflexions et à toutes les réorganisations de la production et de l’échange, qui serait la règle verte, c’est-à-dire diminuer l’empreinte écologique de la production, et le faire d’une manière sérieuse et méthodique » (18’08").
Jean-Luc Mélenchon a abandonné le dogme de la croissance : « Le PIB [produit intérieur brut] est un instrument de mesure extrêmement rustique, il n’est pas utile pour ce qu’on a à faire » (19’06"). En fait, il s’agit de « la doxa, c’est la bataille des mots. Quand vous avalez le mot, vous avalez la grammaire avec. Quand vous avalez le mot PIB, vous avalez le mot croissance, et puis vous avalez un mot que vous ne prononcerez jamais, c’est le mot d’irresponsabilité » (19’27").
« Je m’interdis le mot croissance, je dis ‘la relance de l’activité’, je ne parle jamais de croissance dans mes discours. Ce n’est pas que la croissance soit un problème, mais je sais très bien ce qu’on met dedans. Et d’ailleurs, la relance de l’activité implique de la décroissance dans certains domaines » (19’48").
Certaines productions devront croître, comme celles des services à la personne, s’occuper des petits, des personnes dans la dépendance, mais d’autres productions devront décroître.
Pour le candidat du Front de gauche, il y a là « une rupture idéologique de fond avec la social-démocratie : nous ne disons pas que nous allons répartir les fruits de la croissance ! La social-démocratie est organiquement liée au productivisme, quand elle dit ça [répartir les fruits de la croissance], puisqu’elle déclare qu’il n’y a de progrès social que dans le cadre du productivisme. Nous, on pense exactement l’inverse, on pense qu’il n’y a de progrès économique que s’il y a du progrès humain et du progrès social » (20’43").
M. Mélenchon reconnaît que le parti communiste n’est pas arrivé au même point que lui : « les communistes ne proposent pas de partager les fruits de la croissance, ils proposent de partager tout », mais « la discussion n’a pas été très avant… Il y a beaucoup de débat au sein du parti communiste ». « Je veux convaincre mes camarades communistes que l’écologie est la réponse aux questions qu’ils se posent, et non pas quelque chose qui nie leurs préoccupations – c’est leur principale crainte » (22’50").
Le candidat critique ensuite vivement la publicité : elle « est un impôt privé : on vous conditionne, et vous payez votre conditionnement » (27’40"). « Il faut arrêter l’orgie » (27’23").

TROISIÈME PARTIE

L’océan est la nouvelle frontière
A propos de la sortie du nucléaire, Jean-Luc Mélenchon « demande qu’on ne soit pas hypocrite : ou bien c’est dangereux, et alors c’est à la première centrale que c’est dangereux, ou bien ça ne l’est pas, et alors on prend d’autres dispositions. Mais le mi-chèvre, mi-chou n’a pas de sens dans un domaine comme celui-ci » (27’40"). Sa position ? « Ma conviction personnelle, qui n’est pas celle du Front : Je suis pour qu’on en sorte » (29’38").
Il précise : quoi qu’il arrive, on aura besoin de la recherche nucléaire, notamment pour les déchets, et donc, « on va continuer la recherche fondamentale » (28’18").
Par ailleurs, Mélenchon veut developper deux nouvelles énergies – dans lesquelles les travailleurs du nucléaire pourraient se reconvertir : la géothermie profonde, « qui commande en amont plein d’autres activités, dans la sidérurgie, dans la chimie, et dans l’organisation du territoire » (30’25"), et l’énergie de la mer : « Quand on a le deuxième territoire maritime au monde, on a peut-être quelque chose à dire sur le sujet » (31’10").
Le candidat est réservé à propos de l’énergie solaire, en raison de « l’empreinte écologique des panneaux » (31’40").
Et surtout, il considère que « la sortie des énergies carbonées » représente « un défi extraordinaire » (32’58"), qui devra notamment mobiliser des technologies pointues, y compris dans les nanotechnologies.
Il est moins disert sur les économies d’énergie – mais il est vrai que la durée de la discussion était limitée par un agenda très serré -, évoquant seulement « les process de production » (35’20") et « des milliers d’emplois pour la rénovation thermique ». Quant à la hausse inévitable du prix de l’énergie, il préfère botter en touche : « Nous ne sommes pas crédibles si nous venons avec une dimension punitive » (36’00").
Sur l’étalement urbain, Jean-Luc Mélenchon reconnaît que sa réflexion est limitée : « On n’est pas au point sur l’étalement urbain. La question n’est pas traitée en tant que telle dans notre organisation alors que la situation ne peut plus durer, on a atteint des dégâts sans limite » (41’53"). Il faut cependant « combattre l’archétype enfoncé dans la tête depuis quarante ans » (43’58"), dans lequel tout le monde doit être « propriétaire de sa petite maison ».
Jean-Luc Mélenchon conclut dans l’enthousiasme : il faut « retrouver l’audace des pionniers. Ce monde est beau, il est neuf » (45’00). Et il a une nouvelle frontière, l’océan.
.........

Propos recueillis par Hervé Kempf
et - pour le "bonus" - par Eduardo Febbro ;
Prise d’image et réalisation : Eduardo Febbro ;
Réalisation internetienne : Thierry Eraud.




Source : Reporterre
http://www.reporterre.net/spip.php?article2779




vendredi 16 mars 2012

L'écologie a besoin de la voix de Nicolas Hulot

Qu'on ait eu, ou pas, de la sympathie pour Nicolas Hulot, la question n'est plus là ! Il n'est pas candidat, mais il a quelque chose à dire. Ce qu'il dit et va dire peut-il peser ? Je veux le croire !

Nicolas Hulot : « L'écologie est redevenue une variable d'ajustement »

 philippe merle/afp

Pourquoi l'écologie est-elle si peu présente dans la campagne ?

Je constate avec chagrin et consternation que, cinq ans après l'avoir signé, les hommes et les appareils politiques n'ont pas travaillé sur le Pacte écologique. Le niveau d'indigence de leur diagnostic et de leurs propositions est à peu près le même qu'en 2007. L'écologie ne fait même plus partie de leur sémantique. C'est redevenu une variable d'ajustement, alors que nous sommes en pleine crise économique, écologique et de civilisation. Il y a une orthodoxie presque crasse à vouloir rester à la fois sur les mêmes perspectives économiques et à garder notre modèle de société, qui pourtant ne fonctionne plus.

Vous oubliez le Grenelle de l'environnement.

Je ne dis pas qu'il ne s'est rien passé depuis 2007. Et n'en déplaise à certains, on ne peut pas considérer que le Grenelle soit une coquille vide et n'ait eu aucun impact. Dans le bâtiment, notamment, nous avons gagné avec l'instauration de normes structurantes dans le neuf. Mais le Grenelle n'était qu'une première étape. Aujourd'hui, l'actuelle majorité considère avoir rempli son devoir et s'estime mal payée en retour. D'où, chez elle, cette sorte d'exaspération sur l'environnement qui s'exprime régulièrement. A gauche, le sujet est traité à la marge alors que tous les signaux sont au rouge. On ne parle plus de la crise climatique. A croire qu'elle a été réglée ! Pourtant, chacun peut comprendre que diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre, comme nous nous y sommes engagés dans le cadre du protocole de Kyoto, ne pourra pas se faire par des simples aménagements.

La crise ne joue-t-elle pas contre l'écologie ?

De la part du citoyen, le désintérêt pour l'écologie peut tout à fait se comprendre. Comment peut-on vous en faire le procès quand vous êtes à 20 ou 10 euros près par mois et quand vous manquez de visibilité sur l'avenir de vos enfants ? Par contre, il est de la responsabilité des hommes politiques, je dirais même de leur dignité, de ne pas se limiter à un catalogue de mesures à court terme cantonnées aux préoccupations quotidiennes. Cette campagne participe à une sorte de mystification générale. On se limite à déplacer les curseurs : ici un peu plus de TVA, là un peu plus de taxation des plus riches. C'est sympathique, mais c'est plus symbolique qu'efficace, surtout sans vision d'ensemble. La question clef est occultée : comment va-t-on faire avec un budget plombé par la dette et qui ne laisse plus aucune marge aux États ?

Que proposez-vous ?

Il faut transgresser les dogmes. Nous proposons d'abord que les banques centrales, à travers des banques d'investissement comme la BEI, financent la transition écologique, énergétique et sociale. Au niveau de la France, nous avons évalué à 60 milliards d'euros par an l'effort à réaliser dans les transports, le logement, l'agriculture, la biodiversité. L'austérité n'est pas la réponse à la crise écologique. Ensuite, il faut aussi aller chercher l'argent là où il est. L'idée d'une taxation sur les transactions financières, que j'ai portée auprès du président Chirac, m'a fait passer à l'époque pour un altermondialiste de salon. Aujourd'hui, j'observe que Nicolas Sarkozy la reprend, tant mieux, et découvre il y a dix jours que certaines grandes multinationales échappent en toute légalité à l'impôt sur les bénéfices. On ne peut se satisfaire d'une telle candeur sur des sujets aussi graves. Il faut multiplier les instruments de financement innovants. Et, enfin, taxer plus ce que l'on veut le moins et taxer moins ce que l'on veut le plus. Il faut déplacer sur cinq ans la majorité des prélèvements qui portent sur le travail vers les prélèvements sur les ressources naturelles, l'énergie et les impacts environnementaux. L'ensemble de ces mesures doit constituer le socle du nouveau projet européen.

François Hollande parle très peu d'écologie.

Celui qui veut être élu aujourd'hui n'a pas forcément intérêt à mettre la question écologique sur la table. Je peux le comprendre. Mais il ne doit pas se faire d'illusions. Une fois élu, le futur président y sera tout de suite confronté. Je remets la campagne électorale à son niveau : c'est une campagne de communication. Mais le réveil risque d'être douloureux. La crise énergétique et alimentaire touche d'abord les plus défavorisés. On n'y échappera pas.

En avez-vous fini avec la politique ?

Non. Je vais continuer en faisant des propositions qu'un candidat à la présidentielle ne pourrait pas porter. Je ne suis pas revenu à la tête de ma fondation pour l'abandonner dans huit jours. Je ne prendrai pas parti, mais cela me permet de dialoguer avec tous les acteurs. Etre candidat à la présidentielle n'était pas pour moi une fin, mais un moyen. L'expérience n'a pas abouti. Je n'en tire aucune aigreur, mais des conclusions : je suis plus utile là où je suis désormais. Je veux utiliser le lien de confiance que j'ai tissé avec les Français et qui, j'espère, n'a pas été rompu par mon engagement.
Propos recueillis par Joël Cossardeaux et Stéphane Dupont
http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/interview/0201951504362-nicolas-hulot-l-ecologie-est-redevenue-une-variable-d-ajustement-302678.php
 

lundi 5 mars 2012

Nucléaire : 20 façons d'en sortir

http://agirpourlenvironnement.org/campagne/arguments/nucleaire-20-facons-d-en-sortir


En tant que citoyen, militant, usager, épargnant… il est possible d’agir de façon simple pour un monde sans nucléaire. Parce que la classe politique française tarde à emprunter le chemin de la transition énergétique, nous devons nous efforcer de peser fortement sur un débat public jusqu’à présent confisqué. Notre avenir énergétique est une chose trop sérieuse pour le laisser à une petite caste de technocrates, jamais responsables des catastrophes « impossibles ». Il n’existe pas « une » mais des dizaines de façons de s’opposer au nucléaire. Cette campagne vous donne l’occasion d’agir, à la carte, selon vos possibilités, vos disponibilités et vos envies. Face à la menace nucléaire, chaque geste compte. D’ici au second tour de l’élection présidentielle, nous devons, toutes et tous, nous assurer que notre avenir énergétique ne demeurera plus l’apanage du lobby nucléaire.


Pour sortir du nucléaire ...


1. Adhérez à l'association négaWatt
L'association négaWatt est un groupe d'études, de propositions et d'actions oeuvrant à l’élaboration d’une politique énergétique fondée sur la sobriété et l'efficacité énergétique et un recours plus affirmé aux énergies renouvelables. Face à l'épuisement programmé des ressources fossiles et fissiles, face à l'urgence climatique, face aux multiples dégâts environnementaux, il convient avant tout de réduire nos consommations d'énergie. L’association publie le scénario négaWatt dont la dernière version a été éditée fin 2011.
L’association est animée par la Compagnie des négaWatts, un collège d'une vingtaine d'experts et praticiens, impliqués à titre professionnel dans la maîtrise de la demande d'énergie ou le développement des énergies renouvelables. Autour de cette compagnie, ce sont près de 500 membres adhérents (particuliers comme professionnels) qui soutiennent la démarche et les actions de l’association NégaWatt. Ils constituent également le socle du financement de l'association.
Pour adhérer à Négawatt

2. Abonnez-vous aux cahiers de Global Chance
Véritable mine d'informations sur l'énergie, les Cahiers de Global Chance sont publiés à un rythme de deux numéros par an et ce depuis 1992. Ils sont disponibles sur abonnement. Les trois derniers numéros sont des dossiers complets et ont pour titre : « Du gâchis à  l’intelligence, le bon usage de l’électricité » (146 pages), « Nucléaire : le déclin de l’empire français » (110 pages), « L’énergie en Allemagne et en France, une comparaison instructive » (94 pages).
Global Chance est une association de scientifiques et d’experts partageant la conviction qu’un développement mondial plus équilibré peut et doit résulter de la prise de conscience croissante des menaces qui pèsent sur l’environnement global.
Face à ces menaces, Global Chance met les compétences de ses membres au service d’une expertise publique multiple et contradictoire, afin d’identifier et de promouvoir des réponsescollectives nouvelles et positives dans les domaines scientifique et technique, économique et financier, politique et règlementaire, social et culturel, et ce dans un esprit de solidarité Nord Sud, d’humanisme et de démocratie.
S’abonner aux cahiers de Global Chance pour 25 €/an
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3. Mobilisez votre épargne en faveur du projet "Energie partagée" 
Des acteurs de référence des énergies renouvelables citoyennes et de la finance éthique (Cler, Enercoop, Hespul, La Nef…) ont créé ensemble « Énergie Partagée Investissement ». Ce fonds citoyen d’investissement collecte en toute transparence l’argent des particuliers et des organisations pour accompagner et financer les projets locaux de production d’énergie renouvelable et de maîtrise de l’énergie.
Agréée entreprise solidaire, Énergie Partagée Investissement est un outil d’envergure nationale pour financer les initiatives de production d’énergie verte issues des territoires.
Énergie Partagée permet la réalisation de projets locaux et citoyens d’énergies renouvelables (solaire, biomasse, éolien, hydraulique) et de maîtrise de l'énergie. Leurs caractéristiques : ancrage local, finalité non spéculative, solidité économique, démarche écologique, gouvernance démocratique et transparente.
Énergie Partagée est composé de deux outils : une association qui fédère et accompagne les porteurs de projets citoyens ; et un Fonds citoyen d'investissement qui émet des actions pour leur permettre de se financer.
Montant minimum : 1 action = 100 €. Sous condition de conserver vos actions sur 10 ans au moins, une rentabilité globale moyenne de 4 %/an est attendue. Vous pouvez choisir le projet Énergie Partagée que vous souhaitez financer.
Pour plus d'informations sur Energie Partagée // 0811 250 016 (prix d'un appel local).

4. Changez de fournisseur d'électricité en optant pour Enercoop
Vous en avez assez de dépendre d'un fournisseur d'électricité qui se fait une gloire de produire 78 % de son électricité à partir du nucléaire. Enercoop vous garantit une électricité 100 % d'origine renouvelable. Au-delà de commercialiser de l'électricité, Enercoop veut promouvoir les énergies renouvelables, défendre la maîtrise de la consommation d'énergie, décentraliser la production et offrir à chaque citoyen la possibilité de s'approprier l'accès à l'énergie. En septembre 2005, Enercoop naît juridiquement sous la forme d'une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC). Enercoop réinvestit la quasi totalité des bénéfices au profit des énergies renouvelables (dans de nouveaux moyens de production). Enercoop a aujourd'hui dépassé les 10 000 consommateurs et 7 000 sociétaires. Au delà, Enercoop essaime son modèle en créant des coopératives locales et citoyennes de l'énergie. Ces premiers résultats vous amènent sur une voiealternative concrète et significative qui replace le consommateur citoyen au coeur d'un fonctionnement écologique et solidaire.
Souscrire à l’offre Enercoop

5. Client d'EDF, fragmentez votre paiement et agissez comme usager 
Vous souhaitez rester client de l'opérateur historique. Il vous est néanmoins possible d'agir en compliquant le traitement des factures. En premier lieu, renoncez au paiement par prélèvement automatique puis procédez au règlement de votre facture à l’aide de plusieurs chèques. Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à payer quelques centimes de plus que le montant inscrit sur votre facture afin d'obliger EDF à reporter cette somme d'une facture à l'autre. Vous pouvez également couper le bas du chèque afin que celui-ci ne puisse pas être traité mécaniquement. N'oubliez pas d'illustrer le verso de vos chèques de quelques slogans antinucléaires.
Fondez votre association d'usagers d'EDF pour de nouveaux choix pour la transition énergétique et faites pression sur l'entreprise.
6. Interpellez les responsables des magasins 
laissant les enseignes lumineuses éclairées à toute heure du jour et de la nuit ainsi que les autorités organisatrices des transports publics afin qu’ils interdisent les panneaux publicitaires énergivores.


7. Éteignez votre lumière cinq minutes contre le nucléaire.
Entre 19 h 55 et 20 h, les 11 février, 11 mars, 11 avril, 26 avril et 4 mai prochains, vous êtes toutes et tous appelés à éteindre vos lampes et appareils consommant de l'électricité afin de commémorer les catastrophes de Fukushima et Tchernobyl et protester contre la politique énergétique de l'Etat français qui n'a de cesse de soutenir encore et toujours le nucléaire.
Si nous sommes plusieurs dizaines de milliers d'individus à agir de concert, nous pouvons avoir un impact et montrer que nous sommes nombreux-ses à vouloir sortir du nucléaire. Un petit geste peut avoir, s’il est démultiplié, une puissance militante insoupçonnée.
Rendez-vous sur le site Cinq minutes contre le nucleaire, diffusez l'information auprès de vos contacts, n'hésitez pas à laisser vos coordonnées afin que nous puissions vous tenir au « courant », par courriel et sms. Une demi-heure avant l'opération, vous recevrez une alerte que vous pourrez, vous-mêmes, rediffuser à vos amis et ainsi amplifier cette action de protestation individuelle et collective.

8. Participez à la chaîne humaine
Avec ses 14 réacteurs et ses nombreuses usines de combustible, la vallée du Rhône est la région la plus densément nucléarisée de l’Hexagone. Si un accident se produisait dans cette zone, la France entière ainsi que ses voisins européens pourraient être contaminés pour des siècles. Une large majorité de Français souhaite la sortie du nucléaire, mais un bulletin de vote ne suffira pas pour forcer nos dirigeants à engager une nécessaire transition énergétique. Un an jour pour jour après le début de la catastrophe de Fukushima, rassemblons-nous le 11 mars 2012 pour former une grande chaîne humaine entre Lyon et Avignon dans une ambiance familiale : c’est en étant nombreux que nous serons forts !
Vous aussi, rejoignez la chaîne ! Organisée par le Réseau « Sortir du nucléaire » et le collectif « Réaction en Chaîne Humaine », cette chaîne se répartira le long du tracé de la Nationale 7.
Retrouvez plus d’informations sur la chaîne humain et inscrivez-vous vite

9. Modifiez votre profil facebook et twitter en remplaçant votre photo par le logo « Nucléaire ? Non merci » le 11 mars prochain à l’occasion du triste anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

10. Allez voir le nouveau spectacle de Nicolas Lambert "Avenir radieux, une fission française"
Malgré la catastrophe de Fukushima, le débat sur le nucléaire demeure un sujet tabou. Les parlementaires semblent tétanisés à l’idée de changer de modèle énergétique.
« Avenir Radieux, une fission française » est le deuxième volet de la trilogie BLEU - BLANC - ROUGE de Nicolas Lambert, consacrée à «l’a-démocratie» française du point de vue de ses grandes sources de richesse. Pétrole, nucléaire, armement... A partir des discours verrouillés d’EDF et de l’industrie nucléaire française en général, à partir du silence du donneur d’ordres, le spectacle remonte un fil de l’histoire du nucléaire français, ses ors républicains, ses non-dits étouffants. Acteur hors-pair, Nicolas Lambert réussit, deux heures durant, le tour de force de captiver et faire rire.
Plus de détails sur le spectacle  "Avenir radieux, une fission française"

11. Interpellez les candidats à l'élection présidentielle afin qu'ils renoncent au nucléaire et s'engagent à soutenir les énergies alternatives tout en mettant en œuvre un vaste plan d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique.

12. Exigez que les entreprises du secteur de l'énergie détenues par l'Etat et en charge du service public soient garantes de choix en faveur de la transition énergétique et pour l'abandon du nucléaire.

13. Réclamez une TVA à taux réduit favorisant les produits efficaces en énergie.

14. Exigez l’interdiction du chauffage électrique et la généralisation des chauffe-eau solaires pour toutes les constructions neuves.

15. Mobilisez-vous en faveur de l’interdiction des publicités incitant les consommateurs à un usage irrationnel de l’énergie.


16. Éteignez les appareils en veille, choisissez des appareils électroménagers étiquetés A+, changez vos vieilles ampoules par des lampes à économie d’énergie...

17. Reportez certains usages électriques non essentiels, notamment en période de pointe de consommation.

18. Sensibilisez vos voisins, ami-es, famille...

19. Faites nous part de vos idées d'agir, vos envies d'actions

20. Et diffusez massivement cette campagne.

dimanche 4 mars 2012



Une Éolienne qui produit de l'eau à partir de l'air !

Un Français situé à Manosque dans les Alpes de Haute Provence a inventé une éolienne capable de condenser l'eau contenue dans l'air ambiant, et de produire ainsi jusqu'à 150 litres d'eau pure par heure !

Cette invention fait la synthèse de plusieurs principes physique simples, mis bout à bout, pour permettre la création d’eau, à partir de l’air.

Production en site isolé, zone désertique, situation d'urgence ou de catastrophe lorsque le réseau est atteint et que l'eau n'est plus potable, les champ d'applications de cette éolienne sont innombrables !

www.eolewater.com

Le principe est simple, l'idée astucieuse. Pourquoi n'y a-t-on pas songé plus tôt ? Qui est derrière cette entreprise trop peu connue. Bref, qui finance ? Dans les pays en manque permanent d'eau, on voit bien quel usage faire de cette éolienne. (Ne capte pas l'eau de la rosée dans des filets ?) Mais, dans les pays "riches" ou bien arrosés, on peut imaginer qu'un tel outil de collecte de l'eau, modeste par sa taille, pourrait contribuer à l'autonomie en eau de nombreux foyers. Voila qui ne devrait pas plaire à tout le monde, notamment à tous ceux qui refusent l'autonomie des citoyens dans leur vie quotidienne.


EOLE WATER



jeudi 1 mars 2012

Le déni du pic pétrolier !

Extrait de : Bi-mensuel, 1er mars 2012
-INFO n° 283 spécial :

 

Rapport Besson sur l’énergie en 2050 : le déni de réalité continue. Deux misérables petites phrases sur le pétrole, et c'est tout : « Le problème de notre balance commerciale (...) justifie que l'on porte une attention particulière (...) aux énergies dont la production comporte une valeur ajoutée nationale importante, (...) notamment, (...) faut-il le dire, les hydrocarbures conventionnels ou non, dont les réserves, si elles étaient prouvées et exploitables avec un total respect de l’environnement, apporteraient un soulagement significatif au déséquilibre des comptes extérieurs. »

 Les auteurs du rapport, Claude Mandil et Jacques Percebois, estiment que les réserves sont « abondantes », mais que leur accès est « de plus en plus difficile » : très bien, cela va-t-il s'aggraver, et jusqu'à quel point ? « La contrainte climatique devrait par ailleurs apparaître plus tôt que la contrainte géologique » ? C'est-à-dire ? Peut-on avoir quelque détail sur cette assertion étrange, portant sur un enjeu séculaire central ? Bien sûr que non. Ah si, pardon ! Un peu plus loin figure tout de même une précision : les auteurs du rapport, citant la compagnie BP, indiquent : « Les réserves prouvées de pétrole s’établissent à fin 2010 à plus de 40 ans de production actuelle, et ce ratio est assez stable depuis plus de 20 ans. » L'analyse s'arrêtant là, il faut supposer que le fait que le ratio entre réserves et production de brut ait été stable depuis vingt ans implique nécessairement qu'il le restera encore pour les vingt siècles suivants... 


Comment un rapport de deux cents pages, intitulé « énergies 2050 » et portant le sceau de la République française, peut-il évacuer aussi lestement la question cruciale de l'avenir de la production pétrolière mondiale ? Lacunaire pensée magique. Depuis le début des années 80, l'humanité consomme chaque année plus de pétrole qu'elle n'en découvre, et le fossé ne cesse se creuser. Mais rien de tout ça ne semble bouleverser les auteurs d'un rapport censé éclairer la nation sur les périls réels. Il est vrai que Claude Mandil, 70 ans, membre du conseil d'administration du groupe Total, n'a jamais cru au pic pétrolier ; en tout cas, cet ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) élude la question avec constance. Si la République française s'enfonce dans le déni, elle n'y est certes pas seule. En 2010, l'hebdomadaire The Observer racontait comment les hauts fonctionnaires britanniques se montrent en interne très inquiets de la déplétion des réserves de brut, tout en refusant de crier publiquement au loup. 

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mardi 28 février 2012

Pour payer nos dettes réduisons les dépenses militaires !

 
2ème JOURNÉE MONDIALE D'ACTIONS SUR LES DÉPENSES MILITAIRES
2012

APPEL À PARTICIPATION

Le 17 avril 2012, des gens se réuniront partout dans le monde pour la deuxième édition de la Journée Mondiale d'Actions sur les Dépenses Militaires (acronyme anglais: GDAMS). Nous vous invitons à nous rejoindre.

La crise économique actuelle a poussé les gouvernements du monde entier à réduire leurs dépenses concernant les besoins humains vitaux: comme faire face au changement climatique, lutter contre les maladies, et atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Mais, à part de rares exceptions, les gouvernements nationaux continuent de gaspiller de larges ressources dans le secteur militaire. Les données issues du rapport annuel de 2011 de l'Institut International de Recherche sur la Paix de Stockholm (SIPRI) montrent que mondialement les gouvernements dépensent plus que jamais dans le domaine militaire: 1 630 milliards de dollars par an - et la tendance est à la hausse. Dépensé autrement, cet argent pourrait grandement contribuer à résoudre les véritables défis auxquels doit faire face notre planète.


En Juin 2012, les décideurs mondiaux ainsi que des milliers de membres de la société civile se réuniront à Rio de Janeiro lors du Sommet de la Terre - Rio+20 pour s'accorder sur la transition vers une société verte et durable, offrant des possibilités de travail pour tous. Notre Journée Mondiale, se déroulant seulement deux mois avant Rio+20, est l'occasion idéale pour rappeler au monde que nous ne pouvons pas atteindre cet objectif sans dégager les ressources et les capacités intellectuelles nécessaires et qui sont pour l'instant gaspillées dans des activités militaires.

Les Etats-Unis dépensent pratiquement 50% du montant global. Cependant la dépendance aux dépenses militaires est un problème mondial, en effet:
  • Les Etats Unis déterminent la tendance, et les autres pays la suivent.
  • Les exportations américaines d'armes augmentent, et les clients ne manquent pas.
  • Dans de nombreux pays, le pourcentage de dépenses gouvernementales attribuées au secteur militaire est supérieur à celui des Etats Unis, même si leur valeur absolue est plus faible.
C'est pourquoi, dans cette période marquée par le mouvement des Indignés et le printemps arabe, nous devons agir au niveau mondial pour défendre nos exigences.


Date: Mardi 17 avril 2012

Le 17 avril, SIPRI annoncera les chiffres sur les dépenses militaires de l'année 2011. Nos activités pour la Journée Mondiale d'Actions sur les Dépenses Militaires, qui se dérouleront dans les capitales et d'autres endroits du monde, offriront aux médias la possibilité de prendre des photos des actions menées et de diffuser des histoires locales concernant les dépenses militaires. Les organisateurs locaux peuvent prévoir leurs actions aux alentours du 17 avril.

Il s'agit de la deuxième Journée Mondiale d'Actions sur les Dépenses Militaires. Les évènements de l'an dernier, qui se sont déroulés le 12 avril 2011, ont été un grand succès avec une centaine d'actions organisées dans 37 pays. En 2012, différentes sortes d'actions seront mises en place par les participants comme des manifestations devant des bases militaires ou des groupes de discussion. Chaque ville déterminera sa propre approche. Mais, toutes ces actions souligneront les derniers chiffres des dépenses militaires mondiales, qui approcheront probablement des 1700 milliards de dollars. Notre campagne pourrait se structurer autour des slogans suivants: Que feriez-vous avec 1700 milliards de dollars? Alors que nos pays sont endettés, devons-nous investir des milliards dans la guerre ou dans la paix? Créez des emplois pas la guerre! etc.

La Journée Mondiale d'Actions sur les Dépenses Militaires est co-organisé par le Bureau International de la Paix (IPB, Genève) et l'Institut d'Etudes politiques (IPS, Washington DC). Cette année, nous mettons en place un comité international d'activistes élargi pour nous aider dans ce projet.
La rédaction de rapports d'activité est importante - à la fois pour diffuser largement notre message collectif et pour inspirer d'autres individus à mener des actions nouvelles et plus audacieuses. En plus de ces rapports écrits sur les activités menées, nous encourageons les participants à prendre des photos et des vidéos de leurs actions et de nous envoyer les meilleures afin de les publier sur le site de GDAMS.

La mobilisation de cette année doit être encore plus forte!
Pour parvenir à remplacer les dépenses militaires par des dépenses visant à satisfaire les besoins humains, nous devons amener ce sujet dans les débats politiques de cette année. Nous ne devons pas mobiliser des milliers, mais plutôt des millions de personnes qui refusent d'accepter le statu quo. Nous devons aussi encourager les personnes influentes à faire entendre leurs voix et à soutenir la Journée Mondiale d'Actions sur les Dépenses Militaires. Si nous parvenons à mobiliser des groupes plus larges, incluant les jeunes et les travailleurs, nous multiplierons notre impact.

Ensemble nous pouvons le faire! Envoyez-nous vos idées et vos activités aux deux adresses suivantes.


Contacts:
Colin Archer, International Peace Bureau (Bureau International de la Paix, IPB, Genève)

John Feffer, Institute for Policy Studies (Institut d'Etudes politiques, IPS, Washington)

lundi 27 février 2012

Ils voteront Mélenchon ? Et pourquoi donc? Les communistes, au sein du Front de gauche, sont dominants et pro-nucléaires !

Des points de vue à connaître, mais l'écologie est-elle mieux servie par le Front de gauche que par EELV ?
Selon : http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/02/27/ecolos-de-toujours-ou-presque-ils-voteront-melenchon-229698

Rupture : le 27/02/2012

Écolos de toujours (ou presque), 

ils voteront Mélenchon


 

Déçus par l'accord EELV-PS, séduits par un Mélenchon plus clair sur le nucléaire, des écologistes expliquent pourquoi ils se tournent vers le Front de Gauche.

Quand Clémentine Autain, porte-parole du Front de Gauche, s'adresse aux militants d'Europe Ecologie - Les Verts, cela donne : « Bienvenue au Front de Gauche ! »
Depuis l'accord passé avec le PS en novembre, les déçus d'EELV ont les yeux tournés vers Jean-Luc Mélenchon. Et selon Corinne Morel-Darleux, secrétaire nationale à l'écologie du Parti de Gauche, il seraient nombreux.
Beaucoup, ajoute-t-elle, confient vouloir voter Mélenchon sans pour autant quitter EELV. Le Front de Gauche a multiplié les gestes de bienvenue à leur égard dès la fin 2011.
Dans un texte intitulé « Camarades, et si l'herbe était plus verte ailleurs ? », Stéphane Lavignotte, ancien responsable des Verts, et Clémentine Autain, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, encouragent les militants d'EELV à les rejoindre :
« Nous nous adressons fraternellement et en toute sororité à nos amis – depuis parfois plus de vingt ans – qui militent à EELV pour une vraie alternative au système actuel et que nous voyons malheureux. [...]
Si vous quittez EELV, ne disparaissez pas dans la nature : l'écologie politique a toujours besoin de votre engagement. Nous pensons possible et utile de militer ensemble. »
Ceux qui ont répondu à l'appel expliquent leur choix.

1 -  EELV, « satellite du PS »

Non seulement Thomas Giry votera pour Jean-Luc Mélenchon, mais il participe désormais à la campagne du Front de Gauche. Le départ de ce membre du conseil fédéral d'EELV n'est pas passé inaperçu.
Ancien cadre d'Europe Ecologie - Les Verts, il a rendu publique sa décision en janvier. Deux mois après la conclusion de l'accord avec le PS, « parce qu'après dix-huit ans dans un parti, on ne part pas comme ça ». Pourtant, c'est bien l'alliance avec les socialistes qui a motivé son départ :
« Je me suis posé beaucoup de questions quand j'ai réalisé que l'accord signifiait qu'en cas d'une possible alternance, EELV renonçait à s'opposer à une vraie politique d'austérité. »
Il est loin d'être le seul pour qui l'accord a été une véritable ligne de faille. L'héritage d'extrême gauche qu'ont en commun une partie des militants écolos a motivé leur ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

Quand le côté extrême gauche des écolos les rattrape

Mireille Teulé est « née chez les communistes ». Petite-fille d'une première adjointe au maire PCF qui l'a beaucoup influencée, cette ancienne professeure d'histoire-géographie a rejoint Europe Ecologie - Les Verts il y a deux ans. Elle aussi a décidé de confier sa voix au candidat du Front de Gauche :
« Je ne peux plus que voter pour lui ! EELV s'est placé comme satellite du PS, hors c'est pour moi le symbole du néolibéralisme. »
Etablie dans l'Aquitaine, elle a milité pour la première fois en 2005 contre le Traité établissant une constitution pour l'Europe (TCE). La retraitée a exprimé son opposition au TCE au sein des comités anti-libéraux « auxquels des militants PS proches de Jean-Luc Mélenchon faisaient aussi partie ».
Le bilan local des élus PS d'Aquitaine a également pesé dans la balance :
« Ils soutiennent le projet de TGV-Aquitaine qui a endetté la région pour les cinquante ans à venir alors qu'il ne va absolument pas contribuer à désenclaver les petites communes isolées. »

2 - Mélenchon, plus clair sur le nucléaire


Une chose est sûre : la campagne de Jean-Luc Mélenchon se drape de vert et cela plaît aux militants écolos. Sandrine Figuié, élue EELV à Martigues (Bouches-du-Rhône), a annoncé qu'elle mettait entre parenthèses son appartenance politique le temps de la campagne... afin de se consacrer au Front de Gauche.
Elle a été déçue par l'amollissement du combat écologique de son parti, conséquence directe de la signature de l'accord avec le PS :
« Les socialistes ne sont pas opposés au nucléaire. Quand je vois aujourd'hui que les Verts sont les alliés du PS, je me dis qu'on a beaucoup plus de choses à faire avec le Front de Gauche. On ne voit pas les militants PS mobilisés sur cette question. »
Au contraire, elle remarque que ceux du Front de Gauche sont « des gens de terrain, ancrés dans le monde associatif, au coude à coude dans les manifs ». Bref : des personnes « avec qui une alliance naturelle se noue ».

Consulter les citoyens sur le nucléaire : « Tout à fait d'accord »

C'est également la raison qui, après 38 ans de vote écolo, a mené Anne-Marie Imbert à se pencher sur le programme du Front de Gauche :
« J'habite non loin de la centrale nucléaire de Tricastin dans la vallée du Rhône et ici, beaucoup des militants de Sortir du nucléaire sont au Parti de Gauche en même temps. »
Selon elle, Jean-Luc Mélenchon est cette année « le seul candidat qui convient ». Europe Ecologie - Les Verts est à ses yeux très en retrait par rapport à ce qu'il aurait dû conclure avec le PS sur le nucléaire, c'est-à-dire l'arrêt total de l'activité des centrales. Elle ajoute :
« Même si toutes les formations du Front de Gauche ne sont pas d'accord sur ce point, ils proposent d'organiser un référendum, ce avec quoi je suis tout à fait d'accord. »

3 - Lassés des luttes internes à EELV


Cette « ouverture d'esprit » reconnue au Front de Gauche a également plu aux militants d'EELV, souvent désabusés par les luttes internes qui ravagent leur parti.
Le lynchage dont Eva Joly est la victime au sein de son propre parti a démobilisé Sandrine Figuié :
« Ça me choque en tant que femme, ça me choque en tant que personne. »
Quasi unanimement, les militants et élus interviewés dénoncent l'arrivisme de la direction du parti : « Cécile Duflot ou Jean-Vincent Placé ont les dents longues », « tout le monde chez les écolos veut être élus, alors ça crée des problèmes »... Ils finissent par aller voir ailleurs.
Cette exaspération n'a pas échappé à Jean-Luc Mélenchon. Dès novembre, alors qu'Eva Joly est malmenée par son parti divisé sur l'accord avec le PS, il faisait d'une pierre deux coups en redoublant de sympathie envers Eva Joly la « courageuse » :
« Elle prend des engagements très forts sur le nucléaire et l'EPR et elle se fait faucher et démentir, je comprends que ça l'atteigne. »

4 - Un vote « utile »


Aucun écolo sur le départ ne considère cependant Jean-Luc Mélenchon comme l'homme providentiel. Il s'agit avant toute chose de voter utile. Simon Imbert-Viers, conseiller fédéral EELV et responsable de la commission immigration, a lui aussi décidé de ne pas renouveler son adhésion à Europe Ecologie - Les Verts. Il votera Mélenchon dès le premier tour.
En désaccord total avec la politique d'immigration prônée par le PS, il estime au contraire que le Front de Gauche « ne commet pas d'erreur sur ces questions ». Il précise :
« Ce n'est pas un vote d'adhésion totale au Front de Gauche. Je ne suis pas en train de dire “c'est super, c'est magnifique”. Je me prononce en tant que citoyen, pour faire passer un message. »
Le but est souvent d'accroître le poids du Front de Gauche afin, dans le cas où François Hollande serait au second tour, de faire pression sur les décisions prises dans le futur par le PS. « Assurer une alternance et pas une simple alternative », résume un militant.

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