samedi 9 août 2008

50 millions d’affamés de plus en 2007



Le nombre d’affamés a augmenté de 50 millions en 2007, selon le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), Jacques Diouf. Ce haut fonctionnaire onusien intervenait en debut de semaine à l’Université de La Havane dans le cadre d’un cours magistral. Il a également indiqué que les prix des aliments ont augmenté « en moyenne de 52% » entre 2007 et 2008, ceux des engrais de 98%, ceux des semences de 60%, tandis que les fourrages ont connu une augmentation de 72%.

« Les pays les plus vulnérables sur le plan économique devront supporter les prix élevés des importations, des combustibles, des semences et des engrais », a ajouté le directeur général de la FAO. Jacques Diouf, a indiqué que les derniers mois de crise dans le secteur des aliments ont obligé de nombreux pays à utiliser leurs réserves budgétaires tandis que les familles épuisaient leurs économies, ce qui se traduira probablement par une nouvelle augmentation du nombre d’affamés à travers le monde.

Il a pointé du doigt les institutions bancaires internationales et les organisations officielles qui n’ont pas tenu leurs promesses concernant le financement de l’agriculture. Jacques Diouf a critiqué aussi le fait que des millions de tonnes de céréales ont été détournées vers la production de combustibles.

24 juil 08 [AlterPresse] -

Source.http://www.reliefweb.int:80/rw/rwb.nsf/db900SID/VDUX-7GUSRM?OpenDocument

vendredi 8 août 2008

Toujours plus chaude, la Terre ?

Ou bien on arrête d'en rajouter, donc d'affoler, car les conséquences peuvent s'en trouver incalculables en cas de panique généralisée, ou bien l'on tient compte de cette évolution climatique non seulement "inquiétante" mais d'ores et déjà dangereuse et l'on commence à changer d'économie. Mais... est-ce possible? On ne modifie pas la vitesse et la direction d'un paquebot à l'entrée du port! J-P D



De 20Minutes.fr, éditions du 07/08/2008 - 18h11

Une étude prévoit un réchauffement global de la planète de plus de 4 degrés.

Au niveau du réchauffement climatique, il faut se préparer au pire. C'est le message que tente de faire passer Bob Watson, l'un des principaux conseillers scientifiques du gouvernement britannique. Interrogé ce jeudi par le quotidien «The Guardian», le professeur estime qu'«il est évident que nous devons nous atteler à limiter le réchauffement climatique à 2°C. Mais c'est un objectif ambitieux, et nous ne savons pas comment, dans le détail, réduire les émissions de gaz à effet de serre pour parvenir à ce résultat. Donc nous devrions mieux nous préparer à un réchauffement de 4°C».

Un taux de dioxyde de carbone en constante augmentation

Cette théorie du pire est aussi défendue par le chef du département scientifique du gouvernement britannique Sir David King. Il déclare en effet que même avec un accord global maintenant les émissions de dioxyde carbone à 450 ppm, proportion qui, selon une résolution du conseil des ministres de l'Environnement de l'Union européenne, éviterait un réchauffement climatique de plus de 2°C, il reste 50% de chance que le thermomètre dépasse tout de même cette température et une probabilité de 20% qu'il dépasse 3,5°C. Quand on sait que le taux actuel de CO2 est de 385 ppm et qu'il augmente chaque année de minimum 2 ppm, l'optimisme n'est pas de rigueur.

«C'est vraiment très inquiétant»

Une telle perspective serait dramatique pour la planète. Au programme: des millions de personnes touchés par l'augmentation du niveau des mers et océans, 30% à 50% de réduction d'eau potable pour le sud de l'Afrique et la région méditerranéenne, et 20% à 50% des espèces de plantes et des animaux menacés d'extinction.

«L'impact serait si important que la seule stratégie d'adaptation réaliste est d'éviter à tout prix un tel réchauffement, s'inquiète le professeur Neil Adger de l'école des sciences environnementales, également interrogé par "The Guardian". Nous ne disposons d'aucune donnée scientifique qui nous permettrait de nous adapter à une telle variation. C'est vraiment très inquiétant.»

http://www.20minutes.fr:80/article/244162/A-la-Une-Une-etude-prevoit-un-rechauffement-global-de-la-planete-de-4-C.php

Pour en savoir plus sur l'effet de serre...
http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.manicore.com/documentation/serre/rechauffe_graph


mardi 5 août 2008

Vers le végétarisme en Allemagne ?



De plus en plus d’Allemands abandonnent la saucisse et sont tentés par le végétarisme. Depuis vingt-cinq ans, près d’un sur dix a arrêté la viande. Dans les villes, les restaurants jouent presque tous la carte du plat végétarien.

Dans les entrailles d’acier du Kulturpalast de Dresde, s'est tenu, le mois dernier, le congrès végétarien mondial. «Il est grand temps de prendre le virage alimentaire», s’est alarmé l’Autrichien Martin Schlatzer, qui conduit des recherches sur le rôle de la nutrition dans le changement climatique.

Les 700 spécialistes du végétarisme réunis à Dresde, venus de 35 pays, ont rappelé que l’élevage est responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre, selon un rapport de la FAO publié il y a deux ans, soit plus que les transports.

«Le mode de vie végétarien est bon pour la planète», a conclu Thomas Schönberger, le président de la fédération végétarienne allemande (Vebu), pour la simple raison qu’il faut sept unités de nourriture végétale pour produire une unité de nourriture animale». L’argument n’est pas nouveau, mais la prise de conscience des changements climatiques joue effectivement en faveur du végétarisme.

Avec les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, l’Allemagne rejoint ainsi le peloton de tête des pays végétariens.

Source : http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/343080.FR.php

La fin du monde tel que nous le connaissons


King Hubbert (1903-1989)

Les extraits suivants d'un texte d'Yves Cochet l'ont fait juger catastrophiste. C'est, paraît-il, une Cassandre politique! Au moment où le prix du baril de pétrole recule de 150 à 120 dollars, il en est encore pour croire que la crise pétrolière est derrière nous! Mieux vaudrait lire attentivement ce qu'écrit Yves Cochet qui indique les causes de l'irréversibilité de la crise. Dès 1956, Mr King Hubbert avait déjà démontré, avec sa théorie do "peak oil and gas" le recul inexorable de la production pétrolière.

"Nous sommes drogués au pétrole, nous ne pouvons pas nous en passer, nous sommes prêts à tout pour continuer notre addiction. Nous, c’est-à-dire le tiers le plus riche des habitants de la planète. /.../. La hausse actuelle du cours des hydrocarbures n’est pas un simple choc pétrolier - comme ceux que nous avons affrontés en 1973 et 1979 - c’est la fin du monde tel que nous le connaissons.

Cet évènement, dont nous apercevons les prémisses, provient de la coïncidence, sur quelques années, de trois facteurs inédits : 1) le déclin définitif de la production de pétrole (géologie) ; 2) l’excès structurel de la demande mondiale sur l’offre de pétrole (économie) ; 3) l’intensification des guerres et du terrorisme pour l’accès aux ressources non renouvelables (géopolitique). /.../

1) /.../ Nous avons atteint aujourd’hui - en 2008 - le maximum de la production mondiale de pétrole. Ceci est un évènement exceptionnel dans l’histoire humaine. Pour la première fois, les volumes de la matière première la plus indispensable à l’ensemble de l’économie mondiale auront cru pendant cent cinquante ans pour diminuer ensuite, sans coup férir, année après année. L’image mentale de la « croissance » - du PIB, de la population, du nombre d’automobiles… - se heurte à la décroissance géologique, inéluctable, irréversible de son plus précieux fluide.

2) /.../ Aujourd’hui, la demande dépasse l’offre. Cette nouvelle situation d’excès structurel de la demande mondiale sur l’offre provoque une tension sur les marchés des cours du pétrole et, finalement, une hausse forte et définitive de ces cours. L’inflation des prix des produits pétroliers se propage aux autres domaines, notamment l’agriculture et la pêche, les transports et le tourisme.

Les esprits cornucopiens - croyants en une corne d’abondance éternelle - estiment tranquillement que /.../ la technologie, le marché et l’ingéniosité humaine parvenant à prolonger les modes de production et de consommation industriels, et même à les étendre au monde entier. /.../ J’estime, au contraire, que le prix d’une énergie doit tendre vers le coût de sa substitution éventuelle, qui est bien plus élevé que le prix actuel. Autrement dit, à 130 dollars le baril et à 1,50 euros le litre à la pompe, le pétrole n’est pas cher. Nous nous en apercevrons bientôt lorsque le baril sera à 300 dollars et le litre à 3 euros.

3) /.../ Les pays gros consommateurs de pétrole n’en possèdent pas, ou n’en possèdent plus, ou moins que jadis. La France et l’Allemagne n’en ont pas. Les Etats-Unis importent aujourd’hui plus de la moitié de leur consommation. La Grande-Bretagne est devenue importatrice en 2004, du fait de la déplétion des champs de la mer du Nord. /.../ Les grandes régions exportatrices sont le Moyen-Orient, l’Oural-Volga et la Sibérie occidentale en Russie, le golfe de Guinée, le Venezuela et le Mexique. /.../

Ce qui fut appelé « développement » au cours de la seconde moitié du vingtième siècle se résume à une qualité : l’accès à l’abondance pétrolière bon marché pour produire du travail mécanique. C’est pourquoi les Etats-Unis furent et demeurent le premier des « pays développés ». /.../ Le choix des pays industrialisés est binaire : ou bien ils décident leur sevrage immédiat et rigoureux, ou bien ils continuent leur addiction par la force. La première alternative est la seule manière de sauvegarder la solidarité, la démocratie et la paix, mais nous avons choisi la seconde : la guerre (Irak, Afghanistan, Darfour…).

Cette situation n’est pas « la fin du pétrole » ou « la fin des énergies fossiles », c’est la fin de l’énergie bon marché et, conséquemment, la fin du monde tel que nous le connaissons, c’est-à-dire, avant quinze ans, la fin de la croissance économique, la fin du capitalisme, la fin de l’Union européenne, la fin de l’aviation commerciale de masse, la fin de la grande distribution… /.../ La fin du pétrole bon marché est la plus grande épreuve qu’ait jamais affrontée l’humanité (c’est LE problème). Afin d’en repousser un peu la date et d’en réduire un peu les effets désastreux, la seule conduite possible est l’apprentissage de la sobriété (c’est LA solution). /.../

Dans l’immensément complexe cycle du carbone, l’aval du cycle, désormais connu sous l’appellation de « changement climatique », est aujourd’hui l’objet d’une certaine attention, voire de quelques faibles décisions (Protocole de Kyoto, Grenelle de l’environnement) destinées à réduire ou à s’adapter aux épisodes climatiques extrêmes qui se profilent. Mais le changement climatique, bien que rapide au regard des temps géologiques, est dix fois plus lent que l’amont du cycle du carbone, c’est-à-dire le pic de Hubbert, le « Peak Oil ». Si celui-là se mesure en décennies, celui-ci se mesure en années. Nous ne sommes plus dans la prévision, nous sommes dans le compte à rebours."


Yves Cochet, député de Paris

Le texte complet de la chronique est paru sur le site Actu-Environnement (29 mai 2008).
On le retrouve aux adresses ci-dessous.

http://www.yvescochet.net/wordpress/?cat=7
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article68729




mardi 22 juillet 2008

19 centrales, 58 réacteurs sous surveillance...

Et ça continue.

Un nouvel incident sur le site de Saint Alban-Saint Maurice (Isère) a ainsi été révélé par le quotidien le Dauphiné Libéré, lundi 21 juillet. Quinze salariés d'entreprises extérieures intervenant sur un chantier de maintenance de la centrale nucléaire ont été «très légèrement contaminés» vendredi par des éléments radioactifs.


Le ministre de l'écologie a déclaré vouloir changer la culture des fililales qui travaillent de près ou de loin pour Areva et EDF. « J'ai le sentiment que plus on va vers les sous-traitants, plus la vigilance baisse» a-t-il dénoncé.

Piège pour le gouvernement : ou bien, il y aura davantage de transparence et la révélation d'incidents plus nombreux qu'on ne croit inquiètera fortement les Français, ou bien on continuera à cacher les dangers du nucléaire jusqu'à l'accident majeur qui générera la panique dans toute l'Europe.

Les centrales nucléaires en France

AFP/Infographie¦ Les centrales nucléaires en France

Les centrales nucléaires. La France en compte 19, comptant 58 réacteurs en exploitation. Elles sont exploitées par EDF. Un 59ème réacteur est en construction, l’EPR (3ème génération), à Flamanville (Bouygues, Areva et Alstom construisent, EDF exploite).

Les installations liées au cycle de l’uranium, le combustible utilisé dans l’industrie nucléaire. Il existe donc :

- des usines chargées de l’enrichissement de l’uranium, en amont de la chaîne.
- des installations d’entreposage, chargées de stocker les déchets radioactifs avant leur retraitement.
- une usine de retraitement des déchets radioactifs, située à La Hague.
- les ateliers de maintenance, chargés notamment du nettoiement des matériels en contact avec des matières radioactives.

Les installations nucléaires de recherche, comme celles liées au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) ou au projet de réacteur de 4ème génération ITER (Cadarache).

• Les installations chargées du stockage des déchets radioactifs, gérées par l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs).

Les installations nucléaires militaires.

Sylvain Mouillard. 20Minutes.fr, éditions du 18/07/2008

Source : http://www.20minutes.fr/article/242328/France-Les-differentes-installations-nucleaires-en-France.php

samedi 19 juillet 2008

Terrorismes nucléaires...

Il est deux nouvelles raisons, chacune étant suffisante, de s'écarter du nucléaire : la première est que la sécurité n'en peut être assurée en passant à la privatisation de cette industrie. La seconde est que la prolifération militaire et civile du nucléaire ouvre des espaces d'action pour les fous qui ne reculent devant rien pour mener leur guerre planétaire. Au terrorisme de ceux qui nous imposent, pour des générations et des générations, de vivre sous une épée de Damoclès auprès de déchets dangereux dont nous ne savons que faire, s'ajoute le terrorisme de ceux qui peuvent frapper là où cela peut faire le plus mal et tuer le plus à court, moyen et long terme. Un article du Télégramme, ci-dessous, le met bien en évidence.

Des enjeux politiques et commerciaux majeurs

Le nucléaire en France est sujet à caution. Mais à l’heure de la crise énergétique, les groupes privés comme Bouygues convoitent son contrôle. Deux alarmes nucléaires en quinze jours, c’est étonnant mais ça peut s’expliquer. En fait, le contexte de ces révélations est plus important que les fuites. Il est dominé par la crise de l’énergie, par la prétention de l’atome à relayer le pétrole et par les grandes manœuvres autour du pactole nucléaire. Le fait qu’une pollution radioactive soit constatée à Romans dix jours après celle de Tricastin n’implique pas un accroissement du danger. Cette coïncidence découle du fait qu’après la première alerte, des vérifications intensives ont permis de découvrir plus d’anomalies et que celles-ci ont été davantage médiatisées. Deux remarques, cependant. La première porte sur le vieillissement des installations nucléaires françaises. La seconde concerne les règles de sécurité, très strictes dans les grands groupes énergétiques, mais qui ont tendance à se diluer chez les sous-traitants. Il y a là deux bonnes raisons de récuser la privatisation. En dépit de sa propension à l’opacité, la culture nucléaire française est associée à la mystique de l’Etat, laquelle implique une conception exigeante du service public, donc de la sécurité. Ce n’est pas le cas des groupes privés, dont la finalité est d’abord de servir d’abord de bons dividendes aux actionnaires, parfois au détriment des investissements de sécurité. En 2005, Dominique de Villepin a refusé de livrer Areva à Martin Bouygues.

Stratégie de contrôle
Cet ami personnel du président de la République est par ailleurs le principal actionnaire d’Alstom, dont le P-DG est également un ami du chef de l’Etat. Les deux amis du président veulent Areva. La patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, résiste farouchement. Elle est plus vulnérable depuis son échec en Chine et les retards de l’EPR en Finlande et en France. Les fuites de Tricastin et de Romans sont de nature à fragiliser sa stratégie d’autonomie à partenariats multiples. Il est vrai que Nicolas Sarkozy perd aussi pas mal de crédibilité sur ce dossier à cause de son discours d’avril en Tunisie qui vantait « la technologie nucléaire française, la plus sûre du monde ». Si la radioactivité se répand aussi facilement dans les parages du Rhône, il vaudrait peut-être mieux réfléchir avant d’exporter des installations nucléaires dans des contrées à faible culture technologique mais à fort potentiel terroriste.
http://www.letelegramme.com/gratuit/generales/france/nucleaire-la-securite-en-question-20080719-3478992_1400487.php

Au fait : La
Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire est entrée en vigueur le 6 juillet 2007. Le saviez-vous? En sommes-nous mieux protégés?
http://www.aidh.org/Biblio/Txt_trait-terr/16_terr-nucl-05.htm


vendredi 18 juillet 2008

Nouvelle fuite d'uranium sur un site d'Areva

Une canalisation rompue depuis plusieurs années, mais aucun impact sur l'environnement à Romans sur Isère...?

Après l'incident au Tricastin, une nouvelle fuite d'uranium sur un site Areva a été constatée jeudi 17 juillet dans l'usine franco-belge de fabrication de combustibles nucléaires (FBFC) à Romans-sur-Isère (Drôme). Il y a eu rupture d'une canalisation enterrée de rejets d'effluents liquides uranifères, a annoncé vendredi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), sans préciser le degré de gravité.

Les enquêteurs de l'ASN, prévenus à 17h, ont rapporté que "la rupture de cette canalisation enterrée daterait, selon l'exploitant, de plusieurs années".

Un porte-parole d'Areva, Charles Hufnagel, a précisé qu'il s'agissait d'uranium "légèrement enrichi", tout en assurant que la fuite n'avait eu lieu que sur le site. Il n'y a "absolument aucun impact sur l'environnement", a-t-il affirmé en indiquant qu'Areva proposait de classer cet incident au niveau 1 sur l'échelle internationale de gravité INES.

Dans un communiqué, l'usine FBFC a précisé que cette canalisation relie un atelier de fabrication de combustible nucléaire à une station de traitement. La tuyauterie "défaillante" a été fermée.

Selon l'ASN, les enquêteurs ont constaté "la non-conformité de cette tuyauterie vis-à-vis des exigences de la réglementation" qui prévoit normalement "une capacité de résistance aux chocs suffisante pour éviter" toute rupture.

"Comme d'habitude, c'est le porte-parole de l'ASN qui a délivré et contrôlé cette information", a déploré la fédération France Nature Environnement. Pour elle, depuis la loi du 13 juin 2006 mal dénommée « de transparence et de sécurité nucléaire», tous les pouvoirs de gestion de la filière nucléaire sont concentrés dans les mains des 5 dirigeants de l'Autorité de sûreté nucléaire. Tous les fonctionnaires spécialisés sont également sous la tutelle de l'ASN, démocratiquement et juridiquement irresponsable. La fédération regroupant environ 3.000 associations de défense de l'environnement, demande à ce que des autorités de contrôle indépendantes "puissent faire un audit public de ces différents accidents pour que tout citoyen puisse en connaître les causes et les effets" et dit réfléchir "aux actions en justice possibles".

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement et présidente du parti CAP21 juge pour sa part que ces "incidents à répétition et la découverte d'une pollution de la nappe phréatique du Tricastin mettent en lumière les défaillances de la filière nucléaire, dues notamment à un sous-investissement dans la sécurité, la protection de la santé humaine et de l'environnement". AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20080718.FAP5857/nouvelle_fuite_duranium_sur_un_site_dareva_dans_la_drom.html