Pierre Fournier est mort le 15 février 1973, d'une crise cardiaque. Il n'avait que 35 ans.
L'écologie politique sous l'éclairage de la dé-croissance et de la non-violence
jeudi 17 novembre 2011
Pierre Fournier, précurseur de l'écologie véritable
Pierre Fournier est mort le 15 février 1973, d'une crise cardiaque. Il n'avait que 35 ans.
mercredi 16 novembre 2011
Manuel Valls et le refus de sortir du nucléaire
Bien entendu, Manuel Valls s'illustre une fois de plus sur une position indigne. Cet homme est de ceux qui interdisent toute évolution positive. Il est dangereux. Il faut le savoir. Puissent les écologistes se retirer de ce piège où ils ont failli perdre leur âme.
Soyons clairs : refuser de sortir du nucléaire signifie un refus de vote pour le PS en 2012
Mercredi après-midi, le nouveau chargé de la communication de campagne de François Hollande, Manuel Valls a assuré que le PS souhaitait "bien évidemment garder la filière Mox". Et de renchérir :"Nous poursuivrons l'activité de production de combustible et de retraitement". Un désaveu on ne peut plus explicite de l'accord signé la veille par Martine Aubry et Cécile Duflot.
Manuel Valls explique : "Tant qu'il y aura des centrales nucléaires en activité, il nous faudra produire du combustible et le retraiter". Rappelant que pour François Hollande, "il est hors de question de sortir du nucléaire", il ajoute, lisant une déclaration, "si on est favorables à l'EPR de Flamanville, celui-ci fonctionne au Mox, et par ailleurs une vingtaine de centrales nucléaires fonctionnent au Mox". "La filière Mox doit être maintenue, l'usine de La Hague également".
Un argumentaire pour le moins déroutant : d'une part, l'EPR comme toutes les autres centrales fonctionnant au MOX peuvent utiliser d'autres combustibles. Ensuite, le PS disait dans la matinée... exactement l'inverse. Interrogé par le site Mediapart, Michel Sapin, chargé du programme pour M. Hollande, expliquait : "Puisqu'on ferme des centrales, on va donc produire de moins en moins de MOX, c'est ce qui est dit dans ce paragraphe".
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/11/16/la-curieuse-disparition-du-mox-de-l-accord-verts-ps_1604278_823448.html
mardi 15 novembre 2011
Accord électoral contre nature
Si le PS et les Verts passent un accord incluant le "laisser faire Flamanville", c'en sera fait de la possibilité de rompre la chaîne de la relance du nucléaire.
Il faut dire, avec clarté, que les enjeux vont au-delà de 2012.
Sur ce blog, nous sommes décidés à ne pas voter pour quelque candidat que ce soit, fut-il antinucléaire, qui ferait alliance avec des pronucléaires.
Nous avons échoué à soutenir Nicolas Hulot qui pouvait faire monter très haut le score des écologistes et étions prêts à soutenir Éva Joly, néanmoins. Nous avons échoué à faire passer, aux primaires, Martine Aubry, plus antinucléaire que Hollande. Nous avons échoué en croyant que Jean-Luc Mélanchon s'engagerait avec Martine Billard dans une orientation écologiste claire, (le PCF ne l'a pas voulu).
La recherche de solutions négociées étant vaine, il n'est plus qu'un seul chemin d'ouvert : engager une information politique du pays qui, hors partis, démontre que nous ne voulons pas de Fukushima à Nogent-sur-seine (ou ailleurs, il y a le choix, en France).
en France, comme en Italie, en Allemagne, en Autriche ou en Suisse.
lundi 14 novembre 2011
Nucléaire : Les Verts allemands sont confiants.
Cem Özdemir: «si vous ne me croyez pas, croyez au moins Siemens!»
Quel regard portez-vous sur le débat nucléaire en France ?
Je suis plutôt optimiste et confiant. Quand on voit que la 4e puissance économique du monde, l'Allemagne, y a renoncé avec le soutien de quatre partis sur cinq au parlement – et le cinquième était contre car le processus n'était pas assez rapide –, avec la coopération des entreprises et des syndicats, c'est bien le signe que nous ne sommes pas tous fous! Ou que les Verts, shootés à la marijuana, ont infusé de force tout le pays! Tout le monde a compris que c'est possible. C'est possible de renoncer au nucléaire en ayant de la croissance économique, des prix de l'énergie supportables, sans dépendance extérieure.
Les Allemands sont suffisamment orgueilleux pour vouloir prouver que cela marche! Nous allons démontrer que nous pouvons aller plus vite, et moins cher, avec les énergies renouvelables qu'avec un secteur nucléaire subventionné ou les énergies fossiles.
En Suisse, ils ont aussi voté la sortie du nucléaire. Même chose en Belgique. Les Italiens ne veulent pas y revenir. Et le débat progresse en France, y compris au sein du Parti socialiste. Ce ne sont pas des arguments qui vont finir d'emporter le débat, mais des exemples qui marchent. C'est pourquoi il faut que l'Allemagne fasse la démonstration que cela fonctionne. Je suis donc très optimiste.
Je reviens d'une tournée en Bavière, où j'ai rendu visite à BMW et Siemens. Ces entreprises ne sont pas folles, elles veulent gagner de l'argent et elles se retirent du nucléaire. Pas par contrainte, mais par choix. Parce qu'elles disent que le nucléaire, c'est du passé! Alors si vous ne me croyez pas, croyez au moins Siemens! Il n'y a pas de meilleur argument qu'un groupe mondial de cette envergure...
Extrait de : http://www.mediapart.fr/journal/international/131111/cem-oezdemir-il-faut-changer-les-traites-europeens?page_article=3
dimanche 13 novembre 2011
Procès du refus du fichage biologique (ADN) :
Le procès de Xavier Renou, des Désobéissants, pour refus de prélèvement ADN, se tenait le lundi 7 novembre, près de Paris, à Senlis. Coup de théâtre, à la demande de la Cour, l'audience a été reportée au 22 février 2012, le temps pour le procureur et le juge d'examiner soigneusement les 4 Questions Prioritaires de Constitutionnalité déposées par Maîtres Benoist Busson et Étienne Ambroselli, les avocats du désobéissant.
4 Questions qui, si elles étaient retenues, pourraient bien contraindre le gouvernement à tout simplement renoncer au fichage génétique de la population française... Aux termes du paragraphe 5 de l'article 706-54 du code de procédure pénale, « Les empreintes génétiques conservées dans ce fichier ne peuvent être réalisées qu'à partir de segments d'acide désoxyribonucléique non codants, à l'exception du segment correspondant au marqueur du sexe. »
Or, comme le montre la généticienne Catherine Bourgain (INSERM), nous avons désormais la preuve du caractère codant des segments d'ADN prélevés sur 1,2 millions de Français à ce jour (chiffres CNIL 2010 ; lire Désobéir à Big Brother, l'éditions Le Passager Clandestin).Le caractère codant des segments ADN prélevés ainsi fait peser un danger gravissime sur 30 000 nouveaux citoyens chaque mois, et combien d'autres en Europe. En effet, grâce à ces segments, l'État dispose désormais d'un fichier permettant de déterminer l'origine géographique (donc, avec de fortes probabilité, la couleur de peau) et certaines prédispositions génétiques (maladies...) de plus d'un million de Français. Il est donc en mesure de mener une politique de discrimination redoutable.
Comme le souligne le philosophe Giorgio Agamben, on ''pré-mâche le travail d'une dictature''. Or qui peut jurer que le pire, dont on sait depuis la Seconde Guerre Mondiale qu'il est possible, ne se reproduira pas ? Qui sait ce que le Front National, ou les plus extrémistes des cadres de l'UMP feraient d'un tel fichier, dans un avenir proche ? Christian Estrosi proposait déjà, en 2007, que l'on prélève l'ADN de tous les nouveaux nés... Pour quoi faire ? Et qui d'ici là peut garantir que le fichier informatisé de l'ADN ne fera l'objet d'aucun détournement en faveur des banques et des compagnies d'assurance, qui seraient ravies de connaître les caractéristiques génétiques de leurs demandeurs de prêts et d'assurance-vie ?
Le fichier de police STIC a déjà fait l'objet de détournements frauduleux par des policiers... Traduire et rendre public les preuves scientifiques pour tous les futurs désobéissants de l'ADN Seulement, pour que la documentation scientifique, publiée en anglais, puisse être examinée par le tribunal et le Conseil Constitutionnel, et afin de la rendre disponible gratuitement pour tous ceux qui refuseront le prélèvement ADN à l'avenir, il nous faut la faire traduire par un traducteur certifié auprès des tribunaux. Et ce travail coûte cher, et le coût s'ajoute aux frais du procès !
Nous avons besoin de votre aide ! Envoyez vos dons par chèque à l'ordre de « Campagne M51 » aux Désobéissants 114 rue de Vaugirard, 75 006 Paris, ou faites un don en ligne sur le site desobeir.net, en cliquant sur l'onglet « faire un don » en bas à gauche de votre écran sous le menu du site. Merci au nom de tous !
Contact : Xavier Renou, prévenu : 06 64 18 34 21. Les désobéissants : www.desobeir.net
Réservez d'ores et déjà votre 22 février au matin pour le procès à Senlis (Oise), un rassemblement de soutien aura lieu pour que le procès ne passe pas inaperçu !
vendredi 11 novembre 2011
EDF condamnée pour piratage contre Greenpeace
pour le piratage informatique en 2006 des ordinateurs de Greenpeace.
Cette condamnation intervient alors que le Parti socialiste, dont le candidat, François Hollande, est l'actuel favori de l'élection présidentielle de 2012, négocie un contrat de gouvernement avec les écologistes sur une éventuelle sortie du nucléaire, à tout le moins une réduction
Le tribunal de Nanterre a déclaré l'entreprise coupable de "complicité de piratage informatique" et de recel de documents confidentiels volés par un pirate informatique ou "hacker" sur l'ordinateur de Yannick Jadot, alors dirigeant de Greenpeace
EDF est aussi condamné à verser 500.000 euros de dommages et intérêts à Greenpeace et 50.000 euros à Yannick Jadot, aujourd'hui porte-parole d'Eva Joly, candidate écologiste à la présidentielle
Ce dernier considère ce jugement comme emblématique. "C'est le triple zéro d'EDF. Le nucléaire est une faillite industrielle, financière et clairement une faillite morale", a-t-il dit à Reuters.
Lisant la décision, la présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, a jugé "impossible" que les deux anciens plus hauts responsables de la sécurité d'EDF, l'ancien policier Pierre-Paul François et l'ancien contre-amiral Pascal Durieux, aient agi seuls, comme le dit EDF
Déclarés coupables, ils ont été condamnés à trois ans de prison, dont six mois fermes pour Pierre-Paul François et un an ferme pour Pascal Durieux. Ce dernier est frappé en outre de 10.000 euros d'amende.
dimanche 6 novembre 2011
Croissance et décroissance : suite et pas fin
Extrait d'une interview d'Edgar Morin (URL source: http://www.rue89.com/entretien/2011/01/23/edgar-morin-une-voie-pour-eviter-le-desastre-annonce-187032)
Vous parliez de la croissance qui reste le credo de la classe politique alors qu'elle est l'un des vecteurs de l'aggravation des crises. Etes-vous pour autant converti à la décroissance ?
Non ! Il faut combiner croissance et décroissance. Je suis contre cette pensée binaire qui n'arrive pas à sortir d'une contradiction. Il faut distinguer ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Ce qui va croître, c'est évidemment l'économie verte, les énergies renouvelables, les métiers de solidarité, les services étonnamment sous-développés comme les services hospitaliers.
On voit très bien ce qui doit décroître, c'est ce gaspillage énergétique et polluant, cette course à la consommation effrénée, ces intoxications "consommationniste"s…
Tout un monde d'idées est là, ce qui manque c'est son entrée dans une force politique nouvelle.
***
Il faut en finir avec les confusions sur la croissance ou la décroissance. On ne peut vivre sans croître. On ne peut vivre sans décroître. La décroissance nécessaire est celle qui concerne les productions nuisibles ou inutiles (et elles sont nombreuses, d'autant mieux installées et admises qu'elles font partie de nos habitudes de consommation, de nos addictions en quelque sorte). La croissance nécessaire est celle de tout ce qui nous manque pour sortir de la société du toujours plus qui se confond avec le système capitaliste lui-même.
Deux exemples permettent de mieux comprendre ce passage à la nécessaire décroissance par l'intermédiaire de croissances nouvelles et surtout d'un tout autre type ! Sans un développement massif des énergies renouvelables, il n'y aura pas de décroissance avant que l'épuisement des ressources ne nous y conduise. L'énergie solaire, dont tout dépend, est très loin d'être captée, conservée, distribuée, de façon à se substituer aux énergies fossiles. Les travaux d'isolation qui peuvent amener l'habitat et nombre d'entreprises à se passer de chauffage ou de climatisation nous feraient entrer dans un nouvel environnement, dans un cycle d'activités-emplois de très grande ampleur, mais nous ne sommes pas encore réellement engagés dans cette révolution écologique, comme dirait Jean Malaurie.
Edgar Morin tout en refusant la pensée binaire (la décroissance, c'est le bien ; la croissance, c'est le mal) n'en est pas moins d'une extrême sévérité à l'égard du « gaspillage énergétique et polluant » ou des « intoxications consommationnistes ». Il est temps d'oser penser la destruction, la décélération, de ce qui produit notre malheur. Et, plus que les armements (devenus pourtant des monstruosités planétaires capables d'anéantir notre espèce), il est temps d'engager une guerre au gâchis car les pertes subies par nos alimentations du fait des mauvais stockages, de la surpêche ou de la surproduction d'animaux de boucherie font actuellement plus de victimes que les conflits les plus meurtriers.
Il faut donc organiser la décroissance de la surconsommation commerciale sans intérêt et lancer, (non pas re-lancer), des activités multiples qui ne sont pas que vertes mais tout simplement essentielles pour satisfaire les besoins humains fondamentaux.
Ce qui surprend c'est qu'il faille souligner de telles évidences ! Ce qui blesse c'est la résistance à la prise de décisions qui s'imposent. Au lieu d'embarquer la réflexion politique vers ces rivages, on nous impose la plus funeste des décroissances celle qui consiste installer une récession impitoyable. On voudrait compenser la saturation par la délocalisation pour re-produire ailleurs, et donc reproduire, essentiellement dans l'Asie surpeuplée, le système qui enrichit les riches sans souci des risques de paupérisation massive. Les discours filandreux et mensongers au sujet de la dette de tel ou tel pays, de l'Europe, des USA, aujourd'hui, n'ont qu'un objectif : retarder l'inéluctable, tenter de continuer à faire fonctionner la machine grippée, éviter de tirer les enseignements d'un échec historique de l'occident. Les systèmes productivistes, tant le soviétique que le libéraliste, ont épuisé leur dynamique.
Nous ne pouvons nous payer le luxe de conserver cette idéologie de la croissance qui diffuse, comme une obligation religieuse, comme une contrainte d'apparence rationnelle et qui s'oppose, de façon inattendue, à la croissance de la vie, celle qu'on voit s'épanouir dans un arbre ou les plantes de nos jardins.
Pour se faire comprendre, il suffit de constater que les activités les plus « rentables » peuvent être liées au drame et au crime : le commerce de la drogue, de la publicité et des armes constituent, sans doute, les sources de revenus les plus fécondes. Un accident automobile produit du travail. La maladie nourrit l'industrie pharmaceutique. Mieux se porte une population moins on a besoin de médecins et de médicaments. Quelle société fera passer la perte de certains voire de nombreux emplois comme preuve de la réussite économique et sociale ?
Plus d'activités indispensables aux sept milliards d'humains (engendrant plus de croissance) suppose moins de dépenses vaines et de productions dangereuses (donc plus de décroissance). Étonnante équation à l'application de laquelle les habitués de l'american way of life résisteront de toutes leurs forces ! Obtenir le mieux par le moins oblige à une révolution intellectuelle à quoi rien ne nous a préparés. Le passage par la sobriété que cela implique n'attire personne, d'autant que ceux qui ont sont convaincus mais vivent dans le confort, sont inquiets pour eux-mêmes. Il faudra, une fois encore, dans l'histoire humaine compter sur ceux qui n'ont rien à perdre, les pauvres, les modestes, les démunis, voire les misérables, pour que s'opère le changement de civilisation qui ne saurait se limiter au changement des idées dominantes.