vendredi 10 février 2012

La Chine a-t-elle pris le virage énergétique historique ?

 

Pourquoi la Chine domine-t-elle le « green business » ?



Le plus gros pollueur du monde est aussi le numéro un mondial des énergies vertes. Les entreprises chinoises sont parmi les leaders sur les marchés du photovoltaïque, de l'éolien ou de la voiture électrique. Le « green business » est devenu une priorité du gouvernement chinois.

 


C’est l’une des plus importantes batailles commerciales de ces dernières années. Elle oppose la Chine et les Etats-Unis et porte sur la fabrication de panneaux solaires. Washington accuse Pékin de subventionner outrageusement ce secteur et donc de fausser les règles de la concurrence. Quinze fabriquant chinois sont dans le collimateur et menacés de taxes supplémentaires à leur entrée sur le marché américain. De quoi inquiéter une industrie qui s’est beaucoup développée ces dernières années. Après avoir dépassé les Etats-Unis dans l’éolien, la Chine est en effet devenue « l’usine solaire » du monde. Plus de 70% des cellules photovoltaïques sont « made-in-China » et cette part de marché ne cesse de croître.
Huit des douze plus gros fabricants mondiaux de cellules photovoltaïques, comme Suntech Power, JA Solar ou Yingli Green Energy, sont en effet originaires de Chine ou de Taiwan. A lui seul, Suntech, le numéro un chinois, détient 12% du marché mondial. « La réussite de l'industrie photovoltaïque chinoise aux Etats-Unis repose sur les avantages qu'elle a acquis grâce à l'innovation technologique et à son économie d'échelle », a déclaré dans un communiqué au nom des sociétés chinoises, Wang Guiqing, vice-président de la Chambre de commerce chinoise pour l'importation et l'exportation de machines et de produits électroniques. Cette justification diplomatique au leadership chinois cache en fait une véritable stratégie de domination dans ce secteur. Une stratégie dessinée au plus haut niveau de l’Etat. Pékin entend bien décrocher la plus grosse part de ce gâteau vert estimé à plus de 150 milliards d’euros par le Fonds des Nations unies pour l’environnement.

Une voiture hybride sur deux sera vendue en Chine
« On voit bien que la Chine met en avant lors de tous les sommets internationaux de lutte contre le changement climatique, sa volonté de réduire ses émissions carbone. On nous annonce une croissance fulgurante des énergies vertes. Des énergies produites en grande majorité par des entreprises chinoises, qui font ainsi de leur propre pays une vitrine formidable pour leur technologie », explique l’analyste Ren Li, spécialiste des énergies renouvelables en Asie de l’est. Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie, la Chine va installer dans les 10 prochaines années des capacités de production d’énergie solaire et éolienne équivalentes à 180 réacteurs nucléaires. Toujours selon l’AIE, une voiture hybride sur deux sera vendue en Chine. Et tout cela sans que le pays ne s’engage à Copenhague, Cancun ou au Cap.
« La Chine est en train de gagner la course aux énergies vertes, explique Ang Li, représentante de l’ONG Greenpeace à Pékin. On voit que depuis 2006, il y a une volonté politique très forte de développer les énergies renouvelables en Chine ». Aujourd’hui, la Chine investit deux fois plus que les Etats-Unis dans les énergies vertes. Mais il ne s’agit pas d’une croisade contre le réchauffement climatique. Elle reste en effet le plus gros émetteur de CO2 dans le monde. Son objectif est plutôt de diversifier ses approvisionnements, limiter sa dépendance au pétrole et parvenir à une certaine indépendance énergétique. Lorsque la Chine annonce avoir baissé de 10% ses émissions en 2010, ce sont 10% de pétrole importés en moins.
Le pays, quoi qu’il en soit, n’a guère le choix car il connaît une véritable boulimie d’énergie. Selon les estimations de l’AIE, il consommera trois fois plus d’énergie d’ici 2035. Soit l’équivalent de 18 fois la consommation française ! A ce rythme, la Chine sera dans 20 ans à peine le plus gros importateur de pétrole au monde. Avec les risques que cela supposent : volatilité des prix, baisse des réserves, dépendance à l’égard du Moyen-Orient…


Croissance du marché intérieur
En misant sans compter sur les énergies vertes, Pékin entend donc faire d’une pierre deux coups : limiter sa dépendance aux énergies fossiles et exporter ses technologies. Mais cette offensive chinoise n’est pas sans risque. Depuis 2009, les investissements dans les énergies renouvelables ont ainsi baissé de 40% aux Etats-Unis et en Europe. Alors que la France achetait 80% de ses panneaux solaires en Chine, la fin des subventions a sonné le glas des exportations. Aux Etats-Unis, les accusations de dumping risquent également de porter un coup sévère aux entreprises chinoises qui doivent donc de plus en plus se recentrer sur leur marché intérieur. Pour soutenir son industrie, Pékin a par exemple mis en place des garanties d’Etat aux prix d'acquisition pour les équipements électriques fonctionnant au solaire. Le pays, qui jusqu’alors exportait 95 % de sa production à l'étranger, est ainsi en train de devenir un important consommateur de sa propre énergie solaire. Le marché du photovoltaïque domestique double chaque année et on estime qu’une maison sur dix est déjà pourvue de chauffe-eau solaire. L’éolien a également le vent en poupe avec la construction d’une gigantesque ferme de turbines dans le désert du Ningxia. Des installations subventionnées là encore par l’Etat et le gouvernement local.
La course au « green business » ne devrait donc pas s’arrêter avec la crise. Bien au contraire. D’ici 2020, la Chine s'est déjà fixée comme nouvel objectif de produire 15% de son énergie via des ressources renouvelables.
Sébastien Le Belzic à Pékin

mardi 7 février 2012

Le Manifeste négaWatt



Se chauffer, s’éclairer, se déplacer, faire fonctionner tous les appareils qui nous entourent : l’énergie est au cœur de nos vies à tel point que nous n’en percevons pas les limites et que nous vivons dans l’illusion d’un monde aux ressources infinies. Pourtant, la fin prévisible des réserves disponibles, les bouleversements climatiques, les catastrophes écologiques (Amoco Cadiz ou Tchernobyl hier, Deep Water Horizon et Fukushima aujourd’hui) sont autant de signaux d’alerte qui ne laissent plus la place au doute : il est nécessaire et urgent de changer notre manière de consommer et de produire l’énergie.
Depuis plus de dix ans, vingt-cinq experts et praticiens de l’énergie (architectes, ingénieurs, sociologues, économistes, responsables associatifs, ...) engagés dans la recherche d’un avenir énergétique durable ont mis en commun leurs connaissances pour élaborer et publier tout d’abord en 2003 puis en 2006 le « Scénario négaWatt », l’une des propositions les plus novatrices pour repenser la politique énergétique de la France.
Nourri par une longue expérience de terrain, cet exercice prospectif se fonde sur une méthodologie rigoureuse qui s’appuie sur trois piliers fondamentaux : sobriété - efficacité - énergies renouvelables. Ce triptyque fondateur offre une grille de lecture simple et solide pour repenser notre rapport à nos propres besoins énergétiques.

negawatt

Revue en profondeur et complétée, la version 2011-2050 du Scénario négaWatt intègre les liens étroits du modèle énergétique avec l’urbanisme, l’alimentation et la mobilité. Il démontre qu’il est possible en France de diviser par 16 nos émissions de CO2 d’origine énergétique et d’éliminer presque complètement notre dépendance aux énergies fossiles d’ici 2050, tout en se passant totalement du nucléaire en à peine plus de deux décennies.
S'adressant à tous ceux que l’avenir interpelle, du simple citoyen aux décideurs politiques et économiques, le Manifeste négaWatt ne se contente pas d'expliquer de manière aussi pédagogique que possible la méthode et les résultats de cette nouvelle version du scénario. Après une description des enjeux et une analyse du contexte énergétique français, il détaille un ensemble cohérent de 10 mesures à prendre rapidement pour engager la France dans la voie de la transition énergétique, et en explicite les immenses bénéfices économiques et sociaux.
Boussole pour l’action, guide méthodologique et pratique pour tous ceux qui souhaitent contribuer à l’élaboration d’un nouveau paysage énergétique soutenable et désirable, le Manifeste négaWatt est aussi un appel à oser résister aux conformismes et aux habitudes, et une invitation à s’engager, avec volonté et lucidité, dans la construction d’une société réconciliée avec elle-même et avec son environnement.
Un engagement doublement souligné par la préface de Stéphane Hessel, qui soutient l’initiative négaWatt depuis ses débuts, et par la postface de l’expert américain Amory Lovins, inventeur du concept de « négawatt ».

Cet ouvrage est le fruit du travail de la Compagnie des négaWatts, le cœur battant de notre association.

Sommaire du Manifeste négaWatt :
  • Préface de Stéphane Hessel
  • Introduction
  1. Energies en crise
    où l’on déplore les nombreuses conséquences de notre ébriété énergétique
  2. L’énergie sous toutes ses formes
    où l’on comprend à quoi sert et d’où vient l’énergie que nous consommons
  3. De la démarche au scénario
    où l’on entrevoit de quoi notre avenir énergétique pourrait raisonnablement être fait, et où l’on pose les bases d’une nouvelle organisation du système énergétique
  4. Bâtiments et transition énergétique
    où l’on apprend que l’on pourrait habiter plus intelligemment le monde, et comment y parvenir à travers trois actions-clef
  5. Mobilité, industrie, agriculture
    où l’on saisit les enjeux d’une évolution mesurée de nos modes de vie
  6. Les atouts des renouvelables
    où l’on constate que la France dispose d’un formidable potentiel et des solutions pour les exploite
  7. Crépuscule du nucléaire, essor des renouvelables
    où l’on balise l’itinéraire d’un abandon progressif du nucléaire et d’un soutien pertinent à l’essor des énergies renouvelables
  8. Coûts et bénéfices de la transition
    où l’on montre que la transition énergétique n’est pas un fardeau mais une formidable opportunité
  9. Le “juste prix” de l’énergie
    où l’on adapte les outils économiques aux contraintes énergétiques
  10. Du temps du bilan à celui de l’action
    où, enfin, on engage chacun à se mettre en mouvement pour « rendre possible ce qui est souhaitable »
  • La démarche et le scénario négaWatt en 26 graphiques, pour bien comprendre la transition énergétique selon négaWatt
  • Postface d'Amory Lovins, du Rocky Mountain Institue

Les 10 mesures du Manifeste négaWatt :
    3 mesures structurelles :
  1. La création d’une Haute Autorité indépendante de la transition énergétique
  2. La gouvernance territoriale de l’énergie
  3. Un urbanisme ancré dans les territoires
  4. 4 mesures sectorielles sur la consommation :
  5. La sobriété énergétique dans le bâtiment
  6. L’efficacité énergétique dans le bâtiment
  7. L’optimisation des usages de l’électricité
  8. La régulation des transports grâce à la “redevance à la prestation”
  9. 2 mesures sur la production :
  10. La fin maîtrisée de la production nucléaire
  11. Le soutien à l’essor des énergies renouvelables
  12. 1 mesure-phare pour assurer le financement de la transition énergétique :
  13. Une contribution fiscale sur l’énergie primaire et les externalités
http://www.negawatt.org/le-manifeste-negawatt-p98.html


Commander le Manifeste négaWatt

lundi 30 janvier 2012

Cumul de mandats = cumul de fric !

Non, ils ne sont pas tous pourris ! 
Ils sont seulement souvent compromis. 
Choisir ses élus et découvrir ce que leurs indemnités de fonction leur rapporte surprend !
L'information ci-dessous n'est pas cachée !
Elle n'est que peu connue.
Elle donne à réfléchir et scandalise tout citoyen qui vit modestement.
Elle conduit à exiger la fin du cumul des mandats !
Et vite !

  http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/4/08/60/68/Doc-HTML/Elus-2.html#






mardi 24 janvier 2012

Vivre sans ou avec la radioactivité ?

 Avec cynisme et sans souci pour la vie d'autrui, des entreprises continuent à faire leurs affaires !

De http://www.zegreenweb.com/sinformer/du-beton-radioactif-en-provenance-de-fukushima-retrouve-dans-de-nouveaux-immeubles-au-japon,46722

Du béton radioactif en provenance de Fukushima retrouvé dans de nouveaux immeubles au Japon

Du béton radioactif en provenance de Fukushima retrouvé dans de nouveaux immeubles au Japon

Un taux radioactif équivalent à 10 millisieverts par an a été décelé au rez-de-chaussée d'un immeuble récemment construit dans la ville de Nihonmatsu (Japon).

Dix mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, et malgré l’« arrêt à froid » des réacteurs de la centrale, acquis depuis le mois dernier, le cauchemar n’est toujours pas fini. Il n’y a qu’à demander à dix malheureuses familles japonaises qui ont dû quitter leur ville de Namie l’an dernier, lorsque celle-ci a été intégré dans le périmètre d’évacuation défini par les autorités japonaises : après avoir déménagé à 55 kilomètres du site, dans la ville de Nihonmatsu, elles viennent d’apprendre que le béton de leur nouvel immeuble est radioactif. Les graviers utilisés pour sa fabrication ont en effet été collectés dans une carrière proche de la centrale accidentée, précisément dans la ville de Namie.


Le fait est que cette carrière a continué d’être exploitée après la catastrophe nucléaire, jusqu’à ce que soit donné l’ordre d’évacuation, le 22 avril dernier. Au moins 5 200 tonnes de matériaux contaminés auraient ainsi été collectées par 19 fournisseurs avant d’être redistribuées à plus de 200 entreprises de construction. Lesdits matériaux ont donc servi à la construction d’immeubles, de ponts, et peut-être même de logements temporaires pour les réfugiés de Fukushima… Aussi, après la découverte de hauts niveaux de radiation dans l’immeuble de Nihonmatsu, le gouvernement a décidé lundi d’ouvrir une enquête dans l’optique de déterminer les destinations finales du gravier contaminé.

La présence de césium radioactif dans le bâtiment incriminé a pu être établie grâce à une enquête menée par les autorités locales de Nihonmatsu relative à l’exposition cumulée aux radiations sur des élèves d’école primaire. Un dosimètre porté par une enfant domiciliée au rez-de-chaussée de l’immeuble a enregistré un taux de radioactivité équivalent à 1,62 millisievert par an (NDLR : le gouvernement japonais a fixé la limite d’exposition considérée comme dangereuse à 1 millisievert par an). Des tests plus poussés ont par la suite fait état de la présence de césium radioactif dans plusieurs parties de cet immeuble dans lequel résident douze familles au total. A un mètre de celui-ci, des taux de 1,16 à 1,24 microsievert par heure ont été constatés dans l’air. C’est toutefois au rez-de-chaussée que la contamination est la plus importante avec un taux annuel de radiation estimé à 10 millisieverts par an (NDLR: ce taux est égal à la moitié du niveau fixé pour décréter une zone d’évacuation totale)! Il est grand temps d’agir…

dimanche 22 janvier 2012

Communiqué de Kokopelli du 19 janvier 2012


Procès devant la Cour de Justice de l’Union Européenne: Kokopelli en marche pour la victoire!



L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles nous donnent entièrement raison !
 
En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation Européenne aussi bien que par la réglementation Française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus!
  
De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’U-nion Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».

De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ».
  
Il en conclut logiquement que «les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »

Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et nous avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences.
  
Blanche MAGARINOS-REY, Avocate de l’Association Kokopelli.



jeudi 19 janvier 2012

Greenpeace dénonce le manque de sécurité dans les centrales

Nucléaire : des sites pas tout à fait sûrs, des mesures pas tout à fait adaptées

Le 3 janvier dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire présentait au Premier ministre et rendait public ses conclusions concernant les évaluations complémentaires de sûreté réalisées par les exploitants (Areva, EDF, CEA), et aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant se rend sur le site de Chinon pour annoncer des mesures relatives à la sûreté. 

Illustration de Xavier Gorce

Un périmètre d’étude restreint
L’ASN était chargée d’un audit de sécurité des 58 réacteurs nucléaires français commandé après la catastrophe de Fukushima au Japon, en mars 2011.
Pour rappel, le cahier des charges du travail de l’ASN fixé par le gouvernement, consistait à analyser la résistance des installations nucléaires françaises face à un séisme ou une inondation d’une importance supérieure à celle envisagée lors de leur conception. Mais ces facteurs naturels sont loin d’être les seuls risques menaçant les installations nucléaires. Intrusion humaine, chute d’avion, virus informatique : de nombreuses autres menaces rendent les sites nucléaires vulnérables.

Greenpeace l’a encore prouvé le 5 décembre dernier en parvenant à s’introduire et à rester plusieurs heures sur les sites de deux centrales


L’ASN conclut que des travaux très onéreux sont nécessaires
L’ASN est formelle : sur le seul périmètre inondation / séisme pris en compte, plusieurs dizaines de milliards d’euros de travaux seront nécessaires pour que les installations nucléaires satisfassent ses exigences.

Ces travaux réclamés aujourd’hui par l’ASN impliqueront des investissements bien supérieurs à ce qu’EDF avait envisagé pour prolonger la durée de vie de son parc nucléaire. Les aménagements prescrits par l’ASN vont se traduire par “un investissement de dizaines de milliards d’euros” sur l’ensemble des installations, selon André-Claude Lacoste, son président. Inévitablement, ce coût devra être amorti et cela conduira à de nouvelles hausses des tarifs de l’électricité pour les ménages français, alors même qu’une hausse de 20 à 30 % est déjà attendue dans les années à venir.

Visite du ministre de l’Intérieur à Chinon : un cataplasme sur une jambe de bois
A la suite de l’intrusion de militants de Greenpeace dans des centrales, le Premier ministre a demandé un audit sur la sécurité des centrales aux ministres de tutelle de la filière.
Sans attendre les conclusions de cet audit, prévues d’ici le mois de mars, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant est aujourd’hui aux côtés d’Henri Proglio en visite à la centrale de Chinon, car comme il l’a déclaré au Parisien il a “souhaité mettre en route immédiatement des procédures pour améliorer les choses.

Ces mesures sont déjà connues : fourniture de caméras thermiques et de pistolets à impulsion électrique type Taser, et mise en place de nouvelles brigades cynophiles. Taser, qui, toujours selon l’interview du ministre de l’Intérieur seront spécifiquement destinés à UNE catégorie d’intrus : “les unités de gendarmerie seront par ailleurs toutes équipées de pistolets à impulsion électrique pour gérer les problèmes d’intrusion non terroriste sur un site nucléaire.”

Des mesures qui interviennent trop vite, trop tôt, purement évènementielles et communicationnelles… et déjà vues !
En 2007, suite à l’intrusion de Greenpeace dans la centrale de Belleville (Cher), le gouvernement de l’époque avait déjà pris de nouvelles mesures de sécurité dont la plus marquante reste la création d’une unité spécifique de gendarmes, le Peloton spécial de protection de la gendarmerie (PSPG), présente aujourd’hui sur toutes les centrales françaises. Les PSPG représentent au total 740 militaires.

Des mesures d’effet d’annonce… mais qui n’ont pas empêché les intrusions ultérieures.
Le gouvernement fait manifestement un choix, celui d’investir massivement dans une énergie dangereuse.
La France est en train de rater une opportunité industrielle et économique unique : la transition énergétique, créatrice de croissance et d’emplois. Et il appartiendra au prochain gouvernement de continuer dans cette voie sans issue, ou de saisir la chance qui s’offre à notre pays.

mercredi 18 janvier 2012

Les PPP une menace sur les finances locales

Il arrive que la lecture du Parisien soit instructive.
L'article ci-dessous est particulièrement éclairant.
Le système économique capitaliste nous masque la réalité.
Cela n'empêche pas des élus socialistes de ne voir que des avantages dans les PPP, comme à Cergy-Pontoise.
À nous de de faire connaître le mensonge que constitue ce faux partenariat entre les entreprises, qui cherchent le profit, et les collectivités publiques, qui défendent l'intérêt général (en principe !)




Hôpitaux, stades, canaux… Pour les financer, le secteur privé est de plus en plus sollicité. Une bonne affaire pour les entreprises, mais un piège qui pourrait se refermer sur l’Etat, les collectivités locales et les contribuables.

SÉBASTIEN RAMNOUX | Publié le 09.01.2012 Le Parisien
Dix-huit milliards d’euros depuis 2004, 60 Mds€ d’ici à 2020 dont 15 Mds€ rien que pour 2011 ! Les partenariats public-privé, les PPP, sont devenus pour l’Etat, les collectivités et les établissements publics comme les universités ou les hôpitaux le moyen privilégié pour le financement de leurs équipements.
« 2011 sera une année record, confirme François Bergère, directeur de la mission d’appui aux PPP (MAPPP), mise en place par le gouvernement pour encourager ce type de contrats. Malgré la crise, le recours aux PPP a permis de continuer d’investir en France. »
Créés au début des années 1990 au Royaume-Uni et introduits en France en 2002, les PPP ont été conçus pour alléger la dette publique. L’acteur privé, souvent un grand groupe de BTP soutenu par un partenaire financier, emprunte lui-même les capitaux nécessaires, construit les équipements et les entretient. En contrepartie, il perçoit un loyer sur une durée déterminée de la part de l’acteur public qui, in fine, devient propriétaire. Or, juridiquement, le montant des loyers n’est pas considéré comme de la dette publique.
Toutefois, ce système en apparence vertueux dissimule deux bombes à retardement. Tout d’abord, les loyers versés au privé reviennent au final à payer deux à trois fois plus cher le coût de l’équipement initial. Balard, le futur Pentagone français, est évalué à 745 M€, mais il coûtera à l’Etat plus de 3,5 Mds€ de loyers sur vingt-sept ans. « Le PPP, c’est tout simplement de la dette masquée, s’exclame Philippe Herlin, chercheur en finances et chargé de cours aux Arts et Métiers. Le PPP permet de ne pas s’endetter au début du projet, mais de repousser les dépenses à plus tard. »
Autre problème : des clauses peuvent contraindre l’Etat ou les collectivités à reverser au pot en cas de besoin. Eiffage a ainsi exigé du Centre hospitalier Sud francilien de Corbeil-Essonnes 115 M€ supplémentaires par rapport au devis d’origine. Les PPP sont également utilisés pour la construction des stades. Celui de Lille, par exemple. Or, si jamais le club nordiste était rétrogradé, on aurait à la clé un abondement supplémentaire des collectivités locales. Tout le contraire d’une gestion rigoureuse des finances publiques. Mais une bonne affaire pour les partenaires privés.