dimanche 14 juillet 2013

Que faudra-t-il que nous apprenions pour comprendre ?

   

Japon: un bar hautement radioactif pêché à des kilomètres de Fukushima

Un bar pêché au large de la ville de Hitachi, dans la préfecture d'Ibaraki, à quelques dizaines de kilomètres de Fukushima, présente une quantité de césium radioactif mesurée à plus de 1000 becquerels par kilogramme, alors que la limite pour les aliments a été fixée à 100 becquerels par kilogramme. Un niveau de radioactivité jusqu'à présent inédit pour un poisson de cette espèce, dix fois supérieur à la limite autorisée au japon.

Comme toutes les espèces dont un spécimen d'une région donnée a dépassé la limite, le bar d'Ibaraki n'est pas mis sur le marché. Mais ce cas illustre le fait que la contamination issue de l'accident de Fukushima reste, plus de deux ans après, importante, dispersée et difficile à appréhender car il est impossible de tout contrôler.


AUGMENTATION PRÉOCCUPANTE DES TAUX DE CÉSIUM RADIOACTIF
 
La centrale nucléaire a été gravement endommagée par le violent séisme et le tsunami du 11 mars 2011. La coupure de l'alimentation électrique provoquée par la déferlante avait engendré un arrêt des systèmes de refroidissement du combustible, qui avait fondu dans le cœur de trois des six réacteurs du site, d'où la présence de nombreux éléments radioactifs alentour, en mer, dans l'air et au sol.

Par ailleurs une brusque montée des taux de césium radioactif a été mesurée ces derniers jours dans la nappe phréatique, en bordure de mer près de la centrale. Mardi 9 juillet, l'exploitant Tepco a mesuré dans un forage situé entre les réacteurs et le bord de mer, une nouvelle augmentation des taux de césium radioactif dans la nappe phréatique. Ils atteignaient 22 000 becquerels par litre d'eau (Bq/l) pour le césium 137 et 11 000 Bq/l pour le césium 134. Le 8 juillet, ces niveaux étaient de 18 000 et 9 000 Bq/l, soit respectivement... 86 et 99 fois plus que les taux relevés trois jours auparavant.







jeudi 17 janvier 2013

Éradiquer la misère, c'est possible, disait Hugo.

C'était au XIXe siècle. Hugo est d'un autre temps. Nous ne sommes pas tous déistes. Pourtant son propos est doublement actuel : "on peut détruire la misère" et "tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli". N'est-ce qu'un discours d'écrivain ? Non ! Est-ce trop demander aux hommes ? Non ! Est-ce seulement un texte du passé tout juste bon à faire encadrer ? Non ! 

Cela nous concerne-t-il encore ? Oui ! Est-ce une parole pour les "indignés" ? Oui ! Cela doit-il inspirer l'action de ceux pour qui le mot écologiste a un sens ? Que oui !

 

 Victor Hugo


© Bibliothèque de l'Assemblée nationale - Photo Irène Andréani

 

« Détruire la misère »

Discours à l'Assemblée nationale législative : 9 juillet 1849

 


Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli.
La misère, messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu'où elle est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?
Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver.
Voilà un fait. En voulez-vous d'autres ? Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours.
Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !
Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m'en sens, moi qui parle, complice et solidaire, et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu !
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé !

mardi 15 janvier 2013

Fin de l'Occident, naissance du monde

Le sommet de Doha sur le changement climatique qui s'est tenu en décembre 2012 -le 18ème du genre- aura été une fois encore l'occasion pour la communauté scientifique et internationale de tirer la sonnette d'alarme. Etayé par de nombreuses publications, le point de non retour serait déjà atteint. Malgré ces éléments tangibles, les responsables mondiaux ne semblent toujours pas prendre la mesure de la gravité de la situation, laquelle appelle pourtant à un changement radical de paradigme.

 
 

Depuis de nombreuses années, l'essayiste Hervé Kempf œuvre pour un renouvellement de la matrice idéologique écologique. Auteur de plusieurs ouvrages (« Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » et « L'Oligarchie ça suffit, vive la démocratie »), il sort un nouvel essai « Fin de l'Occident, naissance du monde », destiné à souligner l'impossible conciliation entre notre modèle de développement et l'état de notre planète. 

Le constat est le suivant : les contraintes écologiques interdisent que le niveau de vie occidental se généralise à l'échelle du monde. Afin d'éviter la catastrophe, l'appauvrissement matériel de l'Occident serait dès lors inéluctable. Face à ce diagnostic sans concessions, Hervé Kempf nous place face à un choix : accepter l'abandon de notre modèle de société, ou le maintenir en l'état au prix d'inéluctables violences

Si l'état des lieux dressé est inquiétant, l'essai « Fin du l'Occident, naissance du monde » se veut pourtant optimiste : un nouveau monde est possible, sous réserve de répondre aux défis qui se posent à nous : comment les pays riches devront-ils s'organiser pour réduire leur consommation matérielle et énergétique ? Vers quel modèle de développement devront-ils s'orienter face à l'épuisement des ressources bio-écologiques ? Quelle place l'Europe peut-elle prendre dans l'émergence de ce nouveau monde, plus sobre, plus juste, et moins agressif ?

Hervé Kemp est fondateur de Reporterre, essayiste, et journaliste.

vendredi 11 janvier 2013

L'or tue. Le ministre autorise.

  

Cyberaction n°516 mise en ligne le jeudi 10 janvier 2013

En Guyane française, le Ministre du Redressement Productif vient de délivrer un permis d’exploitation aurifère dans une zone pourtant interdite à l’exploitation minière.
 
exploitation aurière guyane

Plus d'infos :

Cet arrêté (JO du 11 décembre) octroie un permis d’exploitation à la société aurifère REXMA, sur la Crique Limonade, située dans la zone d’adhésion du Parc national amazonien de Guyane, à proximité du village de Saül, porte d’entrée du Parc. Pourtant, depuis le 1er janvier 2012, le Schéma Départemental d’Orientation Minière (SDOM) classe la zone comme interdite à ces activités. Ce schéma avait fait l’objet d’une large concertation avec toutes les parties prenantes dont la FNH. Cette décision unilatérale est incompatible avec les textes en vigueur.
Elle est aussi en contradiction avec le processus de consultation de la Charte du Parc Amazonien et les objectifs de concertation en cours sur la réforme du code minier.

Ce permis est contraire :
  • Au zonage du Schéma d’Aménagement Régional (SAR),
  • Au zonage du Schéma Départemental d’Orientation Minière (SDOM),
  • Aux rapports préalables défavorables des institutions régionales et des services de l’Etat (DRIRE, DEAL, PAG, PREFECTURE DE GUYANE),
  • A l’avis de la quasi-totalité de la société civile guyanaise,
  • Aux délibérations du Conseil Municipal de SAÜL des 18/01/05 et 29/01/08 délimitant un périmètre réduit à 10 kms autour du village au sein duquel aucune exploitation minière ne puisse se faire,
  • Au puissant argumentaire développé par les associations de défense de l’environnement, des élus guyanais, et de la communauté scientifique dans son ensemble.
Situé à 5 km du village, ce territoire fait partie intégrante du bassin de vie des Saüliens ; sa biodiversité en a fait depuis de nombreuses années un atout pour le développement de l’écotourisme et la valorisation durable de son patrimoine naturel exceptionnel.

Nous vous proposons de faire connaitre notre soutien aux populations locales opposées à ce projet minier


http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/abandon-permis-aurifere-quot-limonade-quot-559.html


En savoir plus :

Guyane: quand l'or ruine la biodiversité

http://www.journaldelenvironnement.net/article/guyane-quand-l-or-ruine-la-biodiversite,32518
http://www.abonentendeur-saul.net/index.html
Le Président de Région, Rodolphe Alexandre, apporte un soutien sans réserves au Maire de Saül, Hermann Charlotte dans son opposition à l’implantation de la société Rexma à proximité immédiate du bourg de la commune.
http://www.blada.com/boite-aux-lettres/infos-citoyennes/8834-Permis_Rexma_la_reaction_du_president_de_Region.htm
La Fondation Nicolas Hulot demande l'annulation du permis Rexma
http://www.blada.com/boite-aux-lettres/infos-citoyennes/8835-La_Fondation_Nicolas_Hulot_demande_l_annulation_du_permis_Rexma.htm  

  Colonialisme et capitalisme se sont confondus. 
Et ça continue !



 

lundi 31 décembre 2012

2012 : une année dont nous ne regretterons pas la fin

Il est inutile de parler de défense de l'environnement si l'on ne se rebelle pas contre la violation de l'environnement humain dans notre propre pays, la France, par ceux-là mêmes qui ont pour fonction de le protéger. L'inhumanité détruit tous les espoirs. Résistons.

Ci-dessous le communiqué Resf faisant le point sur l’actualité inhumaine de ce 30 décembre. Ahmed Sohail a réussi à ne pas monter dans l'avion. Puis, en guise de rappel, l’invitation à exiger le retour de Blendon Gashi. Toutes ces affaires sont liées. Ce qui était odieux sous Sarkozy le reste aujourd’hui. Ce ne sera pas plus accepté.





JOUR DE GLOIRE A L’ÉLYSÉE ?


Retoqués le samedi par le Conseil Constitutionnel, incapable de marquer des points contre les riches et les puissants, le président Hollande et son gouvernement prennent leur revanche le dimanche 30 décembre en se montrant intraitables avec ceux qui possèdent le moins, et surtout le moins de moyens de se défendre, à commencer par les sans papiers. 


Premier succès d’envergure : l’expulsion de deux des travailleurs sans papiers en grève de la faim depuis 59 jours à Lille. Ils ont été placés de force dans un avion à destination d’Alger. Félicitations au président, à ses ministres et à leurs conseillers !


Deuxième exploit de la journée : la tentative échouée d’expulsion du père Capverdien d’un enfant des Bouches-du-Rhône. Il a refusé de monter dans l’avion et a été ramené au CRA avec l’avertissement explicite de la PAF : « La prochaine fois tu y as droit… »


Troisième  haut fait : avoir conduit à l’avion Ahmed Sohail, 23 ans, Pakistanais arrivé tout seul en France à l’âge de 15 ans, pris en charge par l’ASE jusqu’à 21 ans. Il avait trouvé un employeur mais la préfecture du 93 ayant traîné pour lui donner un titre l’autorisant à travailler, son patron s’est lassé et ne l’a pas embauché. Il s’est retrouvé sans papiers, condamné à travailler au noir. Suite à un contrôle, il a été placé en rétention au CRA de Vincennes. Il y est depuis 40 jours. Il a été présenté à l’avion cet après-midi. Une vingtaine de militants du RESF étaient dans le hall de l’aéroport pour informer les passagers du fait qu’ils risquaient de voyager dans un fourgon cellulaire volant avec un garçon de 23 ans menotté, ligoté et bâillonné dans la cabine. Ahmed a finalement réussi à ne pas monter à bord. Il a été ramené au CRA de Vincennes mais il risque fort d’être à nouveau présenté à l’avion dans les prochains jours, avec des risques de violences cette fois. C’est dire s’il est important de continuer à faire savoir aux responsables, et d’abord à l’Elysée, son indignation et sa honte devant de tels faits et devant le comportement du ministre Valls.


Le vol d’Ahmed pour Karachi était prévu pour aujourd’hui, 30 décembre. Alerté l’avant-veille, le cabinet de M. Valls demandait des éléments sur « les perspectives d’insertion de ce garçon » comme si avoir passé le tiers de sa vie en France, être parfaitement francophone, avoir été pris en charge par l’ASE jusqu’à 21 ans, avoir obtenu son CAP de plombier, travailler (au noir, évidemment) aussi bien comme plombier que comme électricien ou peintre sur des chantiers, être hébergé chez des amis, n’étaient pas des preuves d’insertion ! « Nous avons décidé de ne pas intervenir et de laisser les choses aller à leur terme » assurait hypocritement le cabinet du ministre Manuel Ponce-Pilate, le 30 décembre au matin, répétant en boucle le discours décidément attaché à la fonction de conseiller à l’immigration du ministre de l’Intérieur. « Il y a des lois, il y a une circulaire, Ahmed Sohail n’entre pas dans les critères de la circulaire, il a vocation à être expulsé ». Raisonnement imparable tenu par des générations entières de conseillers des ministres de l’Intérieur Sarkozy, Hortefeux, Besson, Guéant et Valls aujourd’hui. La fonction crée le discours ! 


Mais raisonnement dangereux quand même. « J’applique la loi, j’exécute les ordres… » Excuses trop souvent entendues à des comportements inacceptables, voire criminels pour certains.

De plus, les lois, les décrets, les circulaires, les procédures qu’applique le ministère de l’Intérieur avec une rigueur « républicaine » qui confine à l’intégrisme sont ceux-là mêmes que le parti socialiste, ses militants, ses élus et aujourd’hui ses ministres ont dénoncés et combattus à nos côtés des années durant ! On voudrait convaincre l’opinion que les politiques tournent leur veste dès lors qu’ils accèdent au pouvoir qu’on ne s’y prendrait pas autrement !


Enfin, si les lois et les circulaires conduisent à des gestes inhumains (et l’expulsion des grévistes de la faim, comme la tentative d’expulsion d’Ahmed en sont !), il faut changer les lois et les critères des circulaires ! Présidence de la République, majorité à l’assemblée, au sénat, dans la quasi-totalité des régions, etc… Que faut-il de plus ? Un peu de courage politique, peut-être ? Celui qui, à l’évidence, fait défaut au président et gouvernement. Mais aussi celui dont ne témoignent pas assez les militants et les élus socialistes qui sont en désaccord avec la politique conduite par Valls et bénie par Hollande, qui nous le disent, mais qui ne veulent pas le dire publiquement, ou pas trop fort, ou pas encore.


Le résultat est là, sous les yeux de tout le monde. Le gouvernement perd le soutien de ceux qui acceptent, voire revendiquent le métissage de la population et récusent l’idée réactionnaire selon laquelle l’immigration ne peut être évoquée que comme un problème sans pour autant gagner le moindre soutien de ceux toujours prêts à entendre les histoires de pain au chocolat de la droite décomplexée. Faut-il vraiment, en s’acharnant à expulser de la sorte,  brader ses convictions pour faire des concessions à la fraction de  l’électorat qui, en matière de flirt avec la xénophobie, préfèrera toujours l’original à la copie médiocre ?





A l'Elysée :

Secrétaire général : pierre-rene.lemas@elysee.fr

Directrice de cabinet : sylvie.hubac@elysee.fr

Directeur de cabinet adjoint : alain.zabulon@elysee.fr

Chef de cabinet : pierre.besnard@elysee.fr

Conseiller politique : aquilino.morelle@elysee.fr


A l'Intérieur :





Conseiller immigration : raphael.sodini@interieur.gouv.fr




NOUS EXIGEONS LE RETOUR DE BLENDON GASHI 


Le 18 janvier 2012 au matin, Blendon GASHI, 10 ans, hémiplégique, était expulsé avec ses parents et son frère jumeau Blendi vers le Kosovo. 


Ses parents étaient venus en France en avril 2011 pour fuir le racket dont ils étaient l’objet : leur demande d’asile a été rejetée par la France en procédure prioritaire. Or, depuis leur retour forcé au Kosovo, ils sont logés à 15 dans la petite maison de la grand-mère maternelle alors que la grande maison dont ils sont propriétaires dans un autre quartier reste vide, tant ils redoutent les violences dont ils sont menacés. 


En France, les enfants scolarisés avaient rapidement appris le français. La santé de Blendon avait été prise en charge. Une intervention chirurgicale destinée à remédier aux conséquences d’un accident vasculaire survenu plusieurs années auparavant avait été programmée pour le mois de mars au CHU de Reims. 


Mais le préfet de la Marne avait un quota d’expulsion à atteindre. 


Le 18 janvier 2012, les Gashi sont arrêtés à 7 heures du matin. Mis au centre de rétention de Metz, ils sont montés le lendemain dans un avion privé du ministère à destination de Pristina. C’est ainsi que les choses se passaient sous Sarkozy et Guéant.
 

Mais, interpellé sur ces faits inacceptables, le gouvernement Ayrault refuse de revenir sur la décision de son prédécesseur et l’entérine : la demande de visa de la mère de Blendi et Blendon pour ses fils et elle-même vient d’être rejetée par les services consulaires sur instruction du cabinet du ministre de l’Intérieur. 


Ces faits déshonorent ceux qui les ordonnent, ne peuvent que bouleverser ceux qui les exécutent et font honte à ceux qui les laissent se commettre. Il faut réagir !


Nous exigeons le retour immédiat et sans délai de Blendon et de sa famille en France pour qu’il bénéficie des soins que son état impose. 


Pour voir la liste des premiers signataires et signer :
 http://www.educationsansfrontieres.org/article45489.html?id_rubrique=

dimanche 23 décembre 2012

Quelles vraies menaces sur la planète ?


La fin du monde n'a pas eu lieu le 21 décembre 2012. La menace, futile et médiatisée jusqu'au dégoût, nous cacherait-elle les vrais dangers que nous négligeons de prendre en considération ?

Arte, le 22 décembre 2012, a rappelé quels pouvaient être, selon le producteur de son émission, Magnus Sjostrom, les scénarios d'apocalypse pouvant être considérés comme des périls réels, lointains ou imminents, dus à des manifestations brutales des forces de la nature et, plus probablement, à l'action des hommes eux-mêmes.

Ce à quoi l'homme ne peut s'opposer et qui détruirait toute vie sur Terre est dans cette liste :
La mort d'une étoile, ou "sursaut gamma". On a trouvé les traces, en 2008, d'une explosion titanesque qui se serait se soit produite à... 7 milliards d'années-lumière. Plus proche, elle aurait affecté  notre galaxie de façon inouïe et fatale. 
La chute d'un astéroïde sur terre s'est déjà produite et a eu des effets dévastateurs faisant disparaitre, notamment, les dinosaures. Le renouvellement d'un tel phénomène ne peut être totalement exclu.
L'explosion d'un supervolcan (tel celui de Yellowstone, aux USA) engendrerait un voile de particules pour des années, et fe
rait vivre les humains dans un froid interdisant toute culture et entrainant notre disparition.
Une pandémie énorme, du type de celle qui tua 80 millions d'hommes en 1920 (la "grippe espagnole"), mais plus vaste, de type viral, qu'aucune médication ne pourrait soigner, fait partie des hantises des chercheurs.
Le heurt avec une population d'extra terrestres n'est envisageable que parce que nous savons, aujourd'hui que, statistiquement, il est improbable que des planètes n'abritent pas des formes de vie de nous inconnues. La rencontre de vivants dans l'univers n'est plus impensable.

Nous vivons donc avec la connaissance de menaces non nulles, même si elles sont statistiquement faibles, non seulement à l'échelle des vies humaines mais à l'échelle de notre espèce qui n'a que quelques centaines de milliers d'années d'existence.

S'agissant des conséquences de l'action d'homo sapiens, le souci est plus grave même si, là encore, les périls ne se manifestent pas à court terme. Toutefois, comme nous ignorons quand et comment peuvent de déclencher les manifestations des dangers qui peuvent surgir, il est prudent et sage de vivre en ne multipliant pas des risques pouvant devenir non maîtrisables.


Ce que l'homme peut réaliser et qui lui nuise définitivement est dans cette autre liste :
L'accélération de modifications climatiques liées au réchauffement causé par les gaz à effet de serre ne peut plus être niée. Elle est redoutable à moyen terme. Non stoppée, elle pourrait devenir fatale à une grande partie des générations futures, au-dessus d'une augmentation de la température moyenne au-delà de 5 degrés. C'est une préoccupation majeure non encore assumée par nos civilisations compte tenu de l'énormité des transformations comportementales à opérer.
L'holocauste nucléaire, compte tenu de l'existence d'armes atomiques assez nombreuses pour détruire l'ensemble des populations terrestres, n'est ni probable ni impossible. Ce n'est pas une grande peur seulement ; c'est une capacité de destruction de l'histoire humaine entre les mains de fanatiques, d'insensés ou d'incapables. Tchernobyl fut dû à une erreur humaine.
Les expériences physiques, plus largement et qui ne concernent pas que la physique nucléaire peuvent faire prendre des risques peu ou pas connus. Le seul fait qu'il y ait débat entre grands physiciens sur l'opportunité, ou non d'aller, plus avant dans les expériences du cyclotron de Genève suffit à reconnaître qu'il peut y avoir, dans la manipulation de la matière, pari et saut dans l'inconnu. Le conte de l'apprenti sorcier n'a jamais autant trouvé son actualité.
Le développement de l'intelligence artificielle donne à penser que la créature peut échapper à son créateur. L'ordinateur surpuissant et ultra rapide, à cet égard, est bien plus redoutable qu'un robot sophistiqué. Le fonctionnement automatique des ordinateurs donneurs d'ordres dans les banques et les bourses laisse déjà apparaitre que l'homme peut perdre la main et n'avoir plus le contrôle de sa destinée. Les drones et autres engins de surveillance ou de destruction, miniaturisés, imprévisibles, peuvent changer les guerres en opérations d'exterminations échappant à toute politique, voire à toute action humaine voulant inverser les processus enclenchés !
La biologie de synthèse, enfin, est d'autant plus porteuse de périls pour l'humanité qu'elle se justifie par les résultats positifs qu'elle peut opérer, pour reconstituer des tissus humains lésés, par exemple. Les armes chimiques sont dépassées. Les gaz mortels utilisés pendant la guerre 1914-1918, tout épouvantables qu'ils aient été, ne sont rien à côté des armes bactériologiques qui peuvent être employées à grande échelle pour contaminer, par la variole entre autres, des populations entières. Ces armes existent et qu'on craigne que Bachar El Assad s'en serve signifie que la Syrie a été dotée de ces "machines de guerre modernes" par des professionnels de l'industrie de la mort lesquels ne sont ni rares, ni sots, mais ennemis de notre espèce par simple souci de s'enrichir avant que de disparaitre à leur tour !


2013 ne sera pas une année pire ou meilleure que les autres. Le calendrier maya n'a rien à voir avec nos angoisses. Il n'y a pas de risques absolument nouveaux mais une prise de conscience nouvelle ! L'espèce humaine est à la merci de l'inconnu depuis qu'elle existe. Le pire n'est jamais sûr mais la capacité d'autodestruction des humains est, elle, bien réelle et terrifiante. C'est à ces périls humains qu'il faut se confronter sans se réfugier derrière la science qui ne peut ni tout savoir ni tout faire mais qui peut, par passions intellectuelles, "jouer avec les feux". La responsabilité citoyenne va jusqu'à porter ce souci de survie pour nos successeurs.

dimanche 25 novembre 2012

Repenser le modèle de développement




Jean-Louis Galzin, responsable du dossier développement durable à la Ligue des droits de l'Homme, envisage les actions possibles face aux urgences actuelles, environnementales, mais aussi économiques, sociales, politiques, et qui nécessitent d'être débattues avec la société grâce à une démocratie représentative renforcée.

Nourrir la planète ou la protéger, est-ce selon vous compatible ?
Jean-Louis Galzin : La "révolution verte" a sans nul doute permis - mais à quel prix! - de nourrir la planète jusqu'à ce jour. Il est possible aujourd'hui de revenir sur certains excès tels que la consommation excessive d'intrants ou la pratique de la monoculture, sans altérer notablement les rendements.
La perspective de 9 milliards d'êtres humains en 2050 demandera probablement à la fois la remise en culture de terres non cultivées aujourd'hui et un changement important des habitudes alimentaires, notamment des pays développés. On retrouve là, au niveau du domaine agricole, l'équation impossible d'un "développement" à l'occidentale généralisé à l'ensemble de la planète. La production agricole, essentielle pour les pays pauvres, doit être orientée dans le sens de la durabilité et donc vers la recherche d'une certaine indépendance alimentaire grâce aux cultures vivrières, aux dépens de l'idée répandue de l'avantage comparatif des monocultures d'exportation.


Pour un développement durable, comment prendre en compte le respect des êtres humains et de l'environnement ?

J-L G : Au plan agricole comme dans le domaine de la production industrielle, la tendance actuelle n'est pas durable : ni au plan des ressources consommées, ni au plan des dégâts environnementaux produits (pollution, gaz à effet de serre, biodiversité…). Le droit à un environnement sain doit être couplé avec le respect, partout dans le monde, des principes du droit du travail et des droits de l'homme dans les entreprises avec notamment le non-travail des enfants, la non-discrimination hommes/femmes, les conditions de travail… Il est indispensable d'agir pour une application sans faille des normes de travail couplée avec une transparence des entreprises tant sur leur responsabilité sociétale, que sur les informations sur leurs produits (pesticides notamment). Le « reporting RSE »(1)
est un des domaines où, volontairement (Global Reporting Initiative, ou GRI) ou réglementairement (loi Grenelle 2 en France), la transparence peut progresser sur l'activité de l'entreprise, ses impacts sur les ressources et les milieux naturels, et le type de relations qu'elle entretient avec ses parties prenantes majeures (ses salariés et les habitants des territoires où elle est implantée).

Pourquoi le progrès ne fait-il plus rêver ?
J-L G : Si le progrès ne fait plus rêver aujourd'hui, c'est parce qu'il n'a plus, pour beaucoup, un contenu émancipateur, mais le sens d'une dépendance de plus en plus grande envers les biens et la technologie. Redonner un sens au progrès, cela veut dire permettre à la société tout entière de le repenser dans les contraintes et la finitude de notre planète ; et dans ce cadre, qui mieux que le monde agricole peut nous donner le sens de la mesure et de la durabilité ? Pour le respect de la biodiversité, pour l'utilisation raisonnée des terres par exemple. Encore faudrait-il que le système économique ne le pousse pas sur la pente d'un productivisme fou !
La société civile doit disposer des moyens de comprendre et de participer aux débats. Et l'application du principe de précaution peut permettre, lorsque des dangers ou des incertitudes existent pour l'environnement ou la santé, de donner à la société le temps nécessaire du débat et de la controverse avant d'accepter tel produit OGM ou tel pesticide, tel procédé de forage ou telle application des nanomatériaux. Par ailleurs, il serait intéressant que les citoyens disposent de l'équivalent de l'OPECST, Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques, ce qui permettrait une meilleure diffusion des savoirs, ainsi qu'une discussion démocratique des risques scientifiques et technologiques, et ce qui contribuerait, sinon à les diminuer, du moins à les objectiver. L'HAEA (Haute autorité de l'expertise scientifique et de l'alerte en matière de santé et d'environnement),
proposée récemment par la sénatrice Marie-Christine Blandin, pourrait être cette structure de support à la société civile et aux lanceurs d'alerte.

(1) Reporting RSE : manière dont une entreprise prend en compte les conséquences sociales et environnementales de son activité. Une consultation du publique sur ce thème a été lancée le 12 novembre.
 

Pour aller plus loin :
« Face à l'urgence écologique, changer d'ère » de Jean-Louis Galzin paru dans l'ouvrage « Un autre avenir ? » de la Ligue des droits de l'Homme, paru en avril 2012, aux Editions La Découverte.