vendredi 29 octobre 2010

Il n'y a plus de doute..., et alors ? Quelles suites sont à donner ?

Allègre est scientifiquement désavoué. Il prétend le contraire. Si réchauffement climatique il y a, dû aux activités humaines, que faire, et vite, pour remédier à cette évolution à long terme désastreuse pour l'humanité ? Tout reste à dire au pays. Tout reste à faire !



Sylvestre Huet, journaliste scientifique de Libération, met les points sur les i :


Le feuilleton de "l'Académie des sciences s'occupe du climat" a pris fin ce matin avec la remise du rapport à Valérie Pécresse au ministère de la recherche. Un texte qui, malgré les efforts désespérés, menaces et pressions de Claude Allègre et Vincent Courtillot réfute leurs affirmations erronées ou mensongères sur les sciences du climat.

Ce rapport est la conséquence de l'énorme coup de colère des scientifiques du climat des laboratoires de France qui, en avril dernier, ont publié un Appel signé par plus de 600 d'entre eux, autrement dit l'essentiel de la communauté scientifique concernée (photo, une de Libération le 1er avril). Peu après, la ministre demandait à l'Académie des sciences d'organiser un débat sur sur le sujet. Il s'est tenu le 20 septembre dernier et a tourné à la déroute de Claude Allègre et de ses soutiens. J'ai raconté dans ces notes (ici, le match Bard/Courtillot, le match Jouzel/Aubouin, et ici) cette journée épique. J'ai par ailleurs fait une communication ce matin lors d'un colloque international à Bruxelles sur "Controverses climatiques, sciences et politique", cette communication est ici. Voir également un commentaire de la revue Nature sur le rapport de l'Académie.

Ensuite, la rédaction du rapport et des conclusions a fait jusqu'au bout, et malgré l'évidence de la défaite au plan des arguments scientifiques de Claude Allègre et Vincent Courtillot, de dernières tentatives de pressions sur le comité de rédaction. Comité qui, curieusement, ne comportait aucun climatologue ce qui n'est pas la meilleure manière de réunir les compétences indispensables à la rédaction d'un tel texte.

Bien sûr, les deux compères n'hésitent pas à proclamer sur les radios qui les invitent sans vergogne que ce texte ne contredit pas leurs affirmations. Claude Allègre, a ainsi déclaré que ses «positions avaient été prises en compte» et «Je dis toujours la même chose, je dis que le rôle exact du CO2 sur le climat n’est pas démontré.» Manifestement, ce numéro d'histrion n'a pas convaincu Valérie Pécresse dont le sobre communiqué affirme : «Il y a bien un réchauffement climatique et qui n’est pas provoqué par l’activité solaire. Ce réchauffement climatique s’explique par une concentration des gaz à effet de serre, et en premier lieu du CO2. Et cette augmentation du CO2 est due principalement à l’activité humaine. Nous avons ici un exemple clair de ce que la science apporte aux responsables politiques : un constat univoque de l’impact des activités humaines sur l’environnement

Voici le rapport en pdf. Voici des extrait significatifs :

«1. L’augmentation de la température de surface sur la Terre est de 0,8 ± 0,2 °C depuis 1870. Elle Temp 1850 2000 reste notablement différente pour les deux hémisphères : plus forte au Nord et plus forte aux hautes latitudes. Une variabilité entre continents est également observée. Enfin, une forte modulation sur des périodes annuelles et multidécennales est également constatée, avec deux périodes de plus forte augmentation (approximativement de 1910 à 1940 et de 1975 à 2000) encadrées par des périodes de stagnation ou de décroissance. Les variations climatiques naturelles (El Niño, éruptions volcaniques, Oscillation Nord‐Atlantique) y sont visibles.

2. La température des océans, mesurée depuis les années 1950 par les bateaux de commerce ou les navires océanographiques (jusque vers 700 m de profondeur) et plus récemment par le système de bouées profilantes Argo, montre une augmentation moyenne globale depuis quelques décennies. Le contenu d’énergie thermique de l’océan a donc aussi augmenté, surtout depuis le début des années 1980. Ce réchauffement n’est pas uniforme. Il présente une importante variabilité régionale avec d’importantes oscillations pluriannuelles, voire décennales.

3. La réduction de la surface des glaces océaniques arctiques. La banquise, dont la fonte ne contribue pas à l’élévation du niveau des océans, est un autre indicateur fort de l’accélération de l’évolution du climat : de 8,5 millions de km2 stable dans la période 1950‐1975, la surface des glaces de mer a connu une décroissance très rapide jusqu’à 5,5 millions de km2 en 2010.

4. Le recul des glaciers continentaux est observé de façon quasi généralisée depuis 3 à 4 décennies, avec une nette augmentation au cours des 20 dernières années.

5. Les calottes polaires de l’Antarctique et du Groenland ont un bilan total de masse négatif depuis une Niveau marin dizaine d’années. (...)

6. Le niveau moyen des océans (graphique à droite) est un autre indicateur qui intègre les effets de plusieurs composantes du système climatique (océan, glaces continentales, eaux continentales). (...) Depuis le début des années 1990, les contributions climatiques à cette élévation sont approximativement dues, pour un tiers à la dilatation de l’océan consécutive au réchauffement et, pour les deux autres tiers, aux glaces continentales ‐ à parts quasi égales, fonte des calottes polaires du Groenland et de l’Antarctique d’une part, et fonte des glaciers continentaux d’autre part.

(...)

1‐2. LES FACTEURS D’ÉVOLUTION DU CLIMAT

On observe l’évolution de certains des facteurs susceptibles d’avoir un effet plus ou moins important sur l’équilibre du climat.

1. L’augmentation des concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre, autres que la vapeur d’eau qui se recycle rapidement et en permanence, est un élément très important, qui doit être observé avec précision sur plusieurs décennies pour donner lieu à une interprétation fiable. Le dioxyde de carbone (CO2) : sa concentration augmente continûment depuis le milieu du XIXe siècle, en raison principalement des activités industrielles, passant de 280 ppm vers 1870 à 388 ppm en 2009. Le taux de croissance mesuré depuis 1970 est environ 500 fois plus élevé que celui observé en moyenne sur les 5 000 dernières années. Les études isotopiques montrent que l’origine de cette augmentation est due pour plus de la moitié à la combustion des combustibles fossiles, le reste aux déboisements massifs et pour une faible part à la production de ciment. Le méthane (CH4) : dû notamment aux fermentations diverses (zones humides, ruminants, déchets domestiques, biomasse, …), aux fuites de gaz naturels et à la fonte du pergélisol, sa concentration s’est accrue de 140 % sur la même période. Elle semble cependant stabilisée depuis 2000. Le protoxyde d’azote (N2O) : dû en grande partie aux activités agricoles (dont la biodégradation des nitrates agricoles dans les milieux souterrains anoxiques), sa concentration a augmenté de 20 % sur la même période. L’augmentation de l’effet de serre induit pour l’ensemble de ces trois composants est de 2,3 W/m2.

2. La radiation du Soleil reçue par la Terre hors de l’atmosphère à une latitude donnée en été ou en hiver dépend de la luminosité du Soleil et de la distance de la Terre au Soleil, et de l’orientation de l’axe de rotation de la Terre.(...). L’énergie totale rayonnée par le Soleil est dominée par la partie visible du spectre et a très peu varié au XXe siècle si on fait la moyenne sur les cycles d’activité de 11 ans. La Frolhich et Lean soleil irradiance variation relative de cette énergie durant ces cycles est de l’ordre du millième. Le forçage correspondant, de l’ordre de 0,2 W/m2, est 10 fois plus faible que celui dû à l’augmentation de l’effet de serre lié aux activités humaines.Les cycles d’activité du Soleil affectent principalement la partie ultraviolette du spectre solaire, mais aussi le vent solaire et les rayons cosmiques, qui subissent de fortes variations de leur amplitude pendant le cycle solaire ainsi que sur des périodes de plusieurs décennies. (...) Il est intéressant de noter que le minimum solaire récent est le plus long depuis 40 ans. L’activité solaire sur cette période montre, pour plusieurs indicateurs, une diminution aussi bien des minimas que des maximas, le minimum actuel correspondant à une absence de taches solaires pendant 266 jours, situation inédite depuis plus de 40 ans. L’irradiance mesurée depuis l’espace a diminué de 0,02 % entre l’avant-dernier et le dernier cycle solaire, tandis que les indicateurs climatiques ont montré un réchauffement sur cette période de 40 ans.»

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/10/lacademie-des-sciences-tacle-allegre-et-courtillot.html

http://e-south.blog.lemonde.fr/files/2009/07/illustration_changement_climatique_image.1247246775.jpg



jeudi 14 octobre 2010

AREVA condamnée. N'est-ce qu'un début ?

Communiqué de presse du 14 octobre 2010

Tricastin : 40 000 euros d'amende pour le pollueur AREVA-SOCATRI



Le 14 octobre 2010, le tribunal correctionnel de CARPENTRAS a condamné AREVA-SOCATRI à une peine de 40 000 euros d’amende, pour avoir caché à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) le grave incident qui s’est déroulé en 2008 dans ses installations du TRICASTIN.

Le Réseau "Sortir du Nucléaire", qui s’était constitué partie civile, obtient 8000 euros de dommages-intérêts et la publication de la décision dans « La Tribune » et « Vaucluse Matin ». Nous regrettons cependant que le Tribunal ait relaxé AREVA SOCATRI du délit de pollution de l’eau, et que la condamnation reste en deçà des réquisitions du Procureur de la République (qui avait requis 100 000 euros d’amende, ainsi que la fermeture de l’unité de production en cause).

Il s’agit dans tous les cas d’une décision sans précédent, qui est justifiée par la gravité des faits : le 8 juillet 2008, suite à une fuite survenue dans l’usine SOCATRI, filiale d’AREVA, sur le site du Tricastin (Drôme), 75 kg d’uranium ont été rejetés dans les cours d’eau avoisinants. 30 m3 d’effluents chargés d’uranium ont contaminé les eaux superficielles, privant la population d’eau potable et polluant des lieux de baignade fréquentés. Des niveaux élevés de contamination radioactive ont également été repérés dans les nappes phréatiques et à l’eau du robinet.

Des négligences scandaleuses de la SOCATRI-AREVA sont à l’origine de cet "incident" grave. Le Réseau "Sortir du nucléaire" attend de recevoir la copie du jugement pour envisager de faire appel de la relaxe partielle devant la Cour d’appel de Nîmes.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande dans tous les cas qu’une inspection indépendante des différents sites du Tricastin soit entreprise afin d’évaluer les risques de pollution de toutes les installations nucléaires, civiles et militaires et que l’environnement et les riverains bénéficient, dans les meilleurs délais, d’une surveillance sanitaire indépendante. Une inspection inopinée de l’ASN le 10 juin 2010 a encore relevé des négligences concernant l’étanchéité des bassins de rétention.

Seule une sortie définitive du nucléaire peut permettre de diminuer les risques dramatiques que la filière nucléaire fait courir à l'environnement, aux salariés et à la population.


Au Tricastin ou au Niger, la même malfaisance.

Davantage d'informations sur la pollution au Tricastin :
http://groupes.sortirdunucleaire.org/blogs/pollution-a-l-uranium-au-tricastin/

samedi 9 octobre 2010

Avons nous besoin d'autant d'aluminium ?

Le réservoir qui s'est rompu lundi menace de s'effondrer à nouveau.

Une nouvelle fissure dans la digue du réservoir de l'usine de bauxite-aluminium de Ajke laisse craindre le pire

"L'accident (...) aurait pu facilement être évité si les exploitants avaient respecté leurs obligations", a déclaré Andreas Beckmann, qui dirige le programme du WWF pour le Danube, cité dans le communiqué. "Cette négligence et les manquements aux mesures de sécurité sont à l'origine de la plus grande catastrophe écologique en Hongrie", a-t-il souligné. Les photos, en tant que "preuve" du mauvais état du réservoir, "doivent être immédiatement examinées", estime le WWF.

"La Hongrie a été touchée par une catastrophe environnementale. Des catastrophes comme celle-ci ne s'arrêtent pas aux frontières et une réponse européenne coordonnée peut aider à fournir l'assistance la plus efficace possible. J'appelle tous les États membres de l'UE à répondre avec générosité à la demande de la Hongrie", a dit la commissaire à l'aide d'urgence, Kristalina Georgieva. Le mécanisme européen de protection civile, auquel participent trente et un Etats (UE-27 plus la Croatie et l'Islande, -candidats à l'entrée dans l'Union- plus le Lichtenstein et la Norvège), facilite la coopération en matière de réaction aux catastrophes.

Le prix à payer ne se compte pas en forints (la monnaie hongroise), mais en vie humaines, tuées (six morts) ou saccagées (santé mise à mal et terres inhabitables). De loin en loin, on découvre la fragilité de nos installations industrielles et, en cas d'accidents, on met ça sur le dos de l'imprévisible. Bref, celui qui parle de maîtrise des activités passe pour un ringard qui n'accepte pas les risques de la production dans une société développée... !

Et qu'en est-il en France qui a aussi son usine de transformation de la bauxite en aluminium, à Gardane, dans les Bouches du Rhône ?

Alors que les Amis de la Terre Hongrie et leur association locale Csalan tentent de parer au plus pressé en procurant aux habitants de la région sinistrée des masques et des équipements de protection (1), les Amis de la Terre France rappellent que l'aluminium est un métal dont le coût écologique est considérable. L'exploitation des gisements de bauxite à ciel ouvert entraîne des déforestations majeures, la transformation de la bauxite en aluminium est une opération qui consomme beaucoup d'énergie et qui donne lieu à des pollutions importantes. Chaque tonne d'aluminium entraîne le rejet de 4 tonnes de boues rouges néfastes tant par leur quantité que par leur pH basique.

En France, le déversement de boues rouges dans la mer au large de Cassis pourrait remettre en cause la création du parc naturel des Calanques. Depuis 1966, une conduite parcourt les 47 km entre l'usine de Gardanne qui produit de l'alumine et Cassis. Arrivée sur la côte, elle conduit les rejets jusqu'à une profondeur de 320 mètres, au débouché du canyon sous-marin de la Cassidaigne, qui s'enfonce jusqu'à 2 400 mètres sous le niveau de la mer. Au débouché de cette conduite, les boues rouges se déversent sur le fond marin par gravité du fait de la forte déclivité du sol. Le volume des rejets déversés en 2008 a atteint 237 000 tonnes. Les impacts sur la faune marine semblent inquiétants.

Pour Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre France : « Produire de l'aluminium est une activité extrêmement polluante et qui nécessite beaucoup d'énergie. Mettre en place des règles de sécurité strictes ne suffit plus car on voit les limites de leur efficacité. Il faut maintenant revoir nos modes de production et de consommation pour réduire drastiquement la pression sur les ressources naturelles et sur les écosystèmes. »


Source : Les Amis de la Terre.


http://ecolopresse.20minutes-blogs.fr/archive/2010/10/09/boues-rouges-en-hongrie-les-activites-minieres-en-cause.html


(1) Il est possible de soutenir financièrement Csalan pour ces premiers secours.

Toutes les informations ici : http://www.amisdelaterre.org/Appel-urgent-des-Amis-de-la-Terre.html


mercredi 6 octobre 2010

Que faut-il encore pour que nous comprenions...

Des habitants de Devecser (Hongrie) nettoient la coulée de boue rouge qui a dévasté leur village, le 6 octobre 2010

Rouges comme le sang, toxiques, les boues empoisonnent et polluent profondément les sols. Oui, que faut-il encore pour que nous comprenions :
1 - que l'activité industrielle développée sans contrôle finit par détruire notre cadre de vie,
2 - que ce se sont toujours les gens modestes qui sont le plus durement touchés,
3- que les industriels responsables trouvent toujours à s'excuser,
4 - qu'on en appelle toujours à l'État pour qu'il paie les dégâts,
5 - qu'on ne s'en prend jamais aux causes des catastrophes,
6 - que le chantage à l'emploi permettra de... continuer,
7 - que l'écologie ne consiste pas à limiter mais à supprimer les pollutions industrielles
ET... la liste peut s'allonger encore !

Voir : http://www.20minutes.fr/article/605697/monde-tout-faut-savoir-catastrophe-ecologique-hongrie

Alors que les autorités hongroises s'efforçaient ce mercredi de circonscrire la marée de boue rouge toxique provoquée lundi par la rupture d’un réservoir d'une usine de bauxite-aluminium de la ville d'Ajka (160 km à l'ouest de Budapest), l'écosystème autour du Danube est plus que jamais menacé. 20minutes.fr fait le point.

Quels sont les risques pour l’environnement?
Il est difficile de les déterminer exactement pour le moment. «On commence à y réfléchir, mais nous n’avons pas de données de base», notamment la concentration des substances polluantes dans les eaux ou leur nature exacte, explique Christophe Rousseau, adjoint au directeur du Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), contacté par 20minutes.fr. Mais il est certain que cette pollution sera «lourde de conséquences». Selon le scientifique, une «boue rouge» est constituée de métaux lourds dont les caractéristiques ne sont pas connues sur le moment, contrairement à une pollution d’hydrocarbure, «beaucoup plus simple à gérer». Greenpeace a d’ores et déjà prélevé des échantillons d'eau mardi, révélant «la présence de plomb, de chrome et d'arsenic». Mais grâce à la pluie et au nettoyage des eaux entrepris depuis mardi, «le niveau alcalin de la rivière Marcal est déjà en baisse, et la rivière Raab devrait subir des dommages beaucoup moins importants» que redouté, a assuré un expert.

Que peuvent faire les autorités hongroises pour limiter les dégâts?
Concernant la pollution aquatique, le nettoyage des rivières est en cours depuis mardi et les autorités ont mis en place des barrages notamment sur la rivière Marcal pour assurer une dilution des substances toxiques et tenter d'empêcher leur dissémination en direction du Danube. La reconstruction des villages dévastés par la marée de boue pourrait prendre elle jusqu'à un an et coûter «des douzaines de millions d'euros», a estimé ce mercredi le secrétaire d'Etat hongrois à l'Environnement. La société MAL, propriétaire de l'usine, devra les financer, mais si elle n'en a pas les moyens, «la somme devra être apportée par le gouvernement hongrois ou bien il faudra demander l'aide de l'Union européenne», a-t-il ajouté.

La pollution peut-elle s’étendre à d’autres pays?
Oui, car la rivière Marcal se déverse dans la Raab qui est un affluent direct du Danube, le deuxième plus grand fleuve d'Europe. Celui-ci traverse une dizaine de pays et ceux en aval de la Hongrie (Serbie, Croatie, Roumanie, Ukraine) ont renforcé les contrôles des eaux afin de réagir à toute pollution éventuelle. Habitués à ce genre d’incidents, «les pays d’Europe de l’Est sont organisés avec un réseau d’alerte international pour y faire face», explique Christophe Rousseau. D’après les autorités roumaines, une arrivée éventuelle de substances polluantes dans le Danube en Roumanie ne se produirait que d'ici quatre à cinq jours et «avec une dilution certaine». A Kiev (Ukraine), un groupe de travail suit de près la situation même si «aucune menace pour l'Ukraine n'existe» vu l'importante distance entre la zone affectée et le territoire ukrainien, a assuré un responsable du ministère des Situations d'urgence.

Ce genre d’accident est-il récurrent en Europe de l’Est?
Oui. La dernière grande catastrophe du genre a eu lieu il y a dix ans, en Roumanie, qualifiée à l'époque de «deuxième Tchernobyl». Plus de 100.000 mètres cubes d'eau mélangée à du cyanure s'étaient déversés d'un lac de décantation d'une mine d'or de Baia-Mare, dans le nord du pays, et le Danube avait été gravement pollué. Cependant, «il y en a bien d’autres, régulièrement, moins médiatisées», indique Christophe Rousseau.

Corentin Chauvel avec AFP

Voir aussi : http://fr.euronews.net/2010/10/06/pollution-en-hongrie-des-precedents-en-europe/
et : http://www.itele.fr/video/pollution-meurtriere-en-hongrie

vendredi 1 octobre 2010

Les syndicats doivent sortir du productivisme

Résistons à la croissance de l'austérité
Appel aux syndicats

Un front européen d’organisations d’objecteurs de croissance interpelle les syndicats à l'occasion de l'euro-manifestation du 29 septembre 2010. Les objecteurs de croissance demandent aux forces syndicales de réaliser une rupture antiproductiviste sans laquelle ils ne pourront sortir du rôle d’accompagnateurs actifs de la logique destructrice qui est aujourd’hui celle de l’économie. Les objecteurs de croissance proposent de viser le « bien vivre » plutôt que le « toujours plus », de réduire fortement le temps de travail et de défendre un revenu garanti suffisant pour tous.

La Confédération européenne des syndicats organise une Journée d’action européenne le 29 septembre prochain à Bruxelles. Le mot d'ordre de l'Euro-manifestation est : « Non à l’austérité. Priorité à l’emploi et à la croissance ! »

Les organisations d’objecteurs de croissance et personnalités signataires (voire liste ci-dessous) de ce communiqué soutiennent la lutte des syndicats contre la volonté du capital de faire porter le poids de la crise par le monde du travail mais regrettent l’appel à la croissance qui n’est pas une piste de sortie de crise et met la CES dans une posture intenable.

Les objecteurs de croissance signataires du présent communiqué :
1. Dénoncent la logique du productivisme et de la croissance. La logique du « toujours plus » matériel est une impasse car il n’est ni possible ni souhaitable de produire et consommer toujours plus.
2. Estiment que l’austérité pour le plus grand nombre est la conséquence logique de la croissance économique et du productivisme. Par conséquent, refuser l'austérité en réclamant plus des causes qui en sont à l'origine n’est pas une solution.
3. Appellent les forces syndicales à ouvrir les yeux sur le caractère suicidaire du dogme de la croissance économique et du productivisme et à opérer une rupture antiproductiviste.
4. Proposent une autre voie plus réaliste qui vise le « bien vivre » et non le « toujours plus » : déconstruire les mythes économistes et changer d’objectifs, réduire le temps de travail, garantir un revenu suffisant à tous.

On trouve le texte complet sur : http://www.partipourladecroissance.net/?p=4925

http://www.solidarites.ch/geneve/images/stories/ecologie/autoroute.jpg
Faut-il produire plus encore ?

lundi 27 septembre 2010

Où sont les otages ?

Les employés d'AREVA victimes d'un rapt sont des otages.

Les habitants du Niger victimes des activités d'AREVA ne le sont-ils pas aussi ?

contamination a l'uranium au gabon et Niger

http://nucleaire-nonmerci.net/actualite/areva-contamination-uranium.html

Sortir du Nucléaire communique :

Otages du Niger : le vrai prix de l'électricité nucléaire

Depuis le 16 septembre, aucune nouvelle des salariés enlevés au Niger. On parle d’AQMI, d’Al Qaïda, mais pas un mot sur les revendications des habitants du désert. Jamais n'est évoqué le contexte géographique, économique et humain d'une région qui produit l'uranium utilisé dans le tiers des centrales nucléaires françaises.

Les ressources mondiales en uranium sont limitées, réparties entre une dizaine de pays, dont le Niger, l'un des pays les plus pauvres du monde. Selon l’ONU et la FAO, 47% des Nigériens sont en situation d’insécurité alimentaire (dont 86% des agriculteurs).

Cet uranium profite à AREVA, mais il nuit aux Nigériens : en quelques années, deux mines d’uranium et 130 permis de recherche minière ont spolié les habitants et les terres agro-pastorales voisines. À cause de l'extraction de l'uranium, on assiste à une destruction de la flore et la faune, à une contamination de l’air par les poussières et les gaz radioactifs, et à une très importante contamination de l’eau, accompagnée de l’épuisement de deux grandes nappes fossiles, à hauteur de 70% de leurs réserves. Les mineurs nigériens travaillent dans des conditions épouvantables pour leur santé. La population locale est malade de la radioactivité. Voilà le vrai prix de l'électricité nucléaire, payé ici par les seuls Nigériens.

La facilité avec laquelle s'est opéré l'enlèvement des salariés d'AREVA et de Vinci pose de nombreuses questions... La France envoie sur place une importante assistance militaire, alors que d'autres enlèvements dans la région, sans liens avec AREVA, avaient laissé le gouvernement français quasiment indifférent.

Cet événement dramatique, qui plonge des familles dans l’angoisse, doit aussi nous rappeler la dépendance énergétique de la France. La production d'EDF SA nécessite de l'uranium en provenance de pays instables et dangereux comme le Niger. Cet épisode met en lumière le néocolonialisme français, cette "Françafrique" qui génère de nouveaux conflits, pille les ressources naturelles, détruit l'environnement, met en péril les populations autochtones, mais aussi les employés d’entreprises comme AREVA ou Vinci.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande à la France de prendre en compte la crise humanitaire et écologique liée aux mines d'uranium, au Niger et ailleurs.

S'il fallait répercuter le coût de cette crise sur le prix du Kilowattheure, ce serait la fin du mythe de l'électricité nucléaire "bon marché". L'avenir n'est pas au nucléaire, mais aux économies d'énergie et aux énergies renouvelables.

Contact presse : Jean-Pierre Minne, 06 71 07 24 47

Plus d'informations :
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/uranium.html

vendredi 24 septembre 2010

Collectivités locales en danger ! Les services publics aussi...

Vinci ("Premier groupe mondial de concessions et de constructions" -sic-) gère, à présent, les parkings de l'agglomération de Cergy Pontoise. Encore un service public délégué ! La ville d'Éragny-sur-Oise se mobilise contre les intentions noires du gouvernement qui s'en prend aux services publics en limitant les moyens d'agir des villes. Elle a raison. Elle organise, ce jour, un débat. Bravo ! Cela tombe bien : moi aussi "je suis attaché aux services publics de proximité".

Et pourtant ! Récit :
"Hier soir, vers 20 heures. Je me rends à la gare de Neuville-Université pour y accueillir une élue de Nanterre venue participer à un débat au cinéma Utopia de Saint Ouen l'Aumône. Je stationne, sagement, sur le parking des particuliers et me refuse à attendre, comme beaucoup le font, le soir, sur le parking réservé aux bus. Je recueille donc un ticket, croyant disposer du temps appelé " dépose minute" (20 minutes!). Le train a quelque retard. Je regagne, avec l'invitée, mon véhicule et suis bloqué à la sortie. Il faut sortir sa carte bleue et payer 1,30 € !"

J'ai pris ça mal puis j'ai réfléchi, et compris. Les trains n'ont qu'à être à l'heure. Aucune gratuité n'est plus admise ! Tout est dans l'ordre. Le prix n'est pas, à première vue, exorbitant mais le symbole est fort. À y regarder de près; cela fait 3 à 4 euros de l'heure ! Vinci est désormais le patron et tout usage, même limité, sera payant. Le marché est aux mains d'un professionnel de la tarification qui se paie largement sur le dos des usagers. Pas d'exception. J'y vois une arnaque ! Ce n'est pas, en tout cas, ce que j'appelle un service public.

Car un parking est un service public. Tout service a un coût. Soit ! Ce n'est pas ce qui fait problème. Que les usagers concourent au paiement du service n'est pas choquant ! Mais, (car il y a un mais...), pas en faisant de ce service un marché, exploité par des crocodiles ! J'ai souvent confiance en la collectivité mais pas en des commerçants, géants et expérimentés, dont le premier intérêt est de faire des profits! Il faut aider à recourir aux transports en commun. Ceux qui ne peuvent encore faire autrement que de rejoindre la gare en automobile sont bel et bien piégés.

L'Agglomération de Cergy-Pontoise est, à présent, totalement dépendante de ces grosses entreprises (Vinci, Veolia, Suez...) auxquelles elle a délégué la gestion des services publics. Que les élus qui dirigent les communes de l'Agglomération aient cette conception là du service public finit par faire douter de la réalité des idées socialistes dont ils se réclament. Ce n'est pas, en tout cas, ce que l'on est en droit d'attendre pour ce qui est du service de l'eau, de l'assainissement, du chauffage urbain, des parkings, en partie des transports, et d'autres encore...

Da vinci code était un film où ceux qui se pensaient des saints étaient des assassins. Je n'aurais certes pas confié la gestion des parkings des gares à Vinci Park..., ces champions de la "mobilité durable" qui gagnent d'autant plus durablement sur le dos des usagers qu'ils sont plus mobiles !



Citation :

"Acteur engagé aux cotés des villes qui veulent concilier mobilité urbaine et dynamisme économique, VINCI Park met en oeuvre les politiques voulues par les collectivités locales en gérant le service public du stationnement. (Est-ce bien ce que veulent les élus ?)
Pour VINCI Park le stationnement ne peut être pensé qu'en concertation avec les différentes formes de mobilité qui concourent au dynamisme de la vie urbaine. Les partenariats avec les opérateurs de transports collectifs, la complémentarité avec le vélo urbain et le développement d'Okigo, acteur de l'autopartage à vocation nationale, constituent plusieurs formes de l'engagement voulu par VINCI Park pour contribuer à une mobilité durable. (Est-ce bien là le "développement durable" tant vanté !).

Voir : http://www.vincipark.com/